C’est quoi un salarié boomerang ?

Ce qui est bien avec le monde de l’entreprise, c’est qu’il ne cesse d’évoluer et de faire émerger de nouvelles tendances. Dernière en date, le salarié boomerang.

Partir pour mieux revenir

C’est l’histoire de Sarah qui a quitté l’entreprise pour laquelle elle travaillait depuis 5 ans. « J’avais fait le tour de la question, il n’y avait plus de challenge et à l’époque, l’entreprise en raison de sa petite structure, n’avait pas d’évolution à me proposer. Je suis donc partie dans une société plus grande qui me donnait la possibilité d’évoluer ». L’herbe n’étant pas forcément pas verte ailleurs, elle a réalisé qu’elle avait envie d’évoluer dans une entreprise à taille humaine. Riche de nouvelles expériences et compétences, elle a contacté son ancien N+1 et a réintégré l’entreprise qu’elle avait quittée. Sarah est une « salariée boomerang », une tendance qui prend de l’ampleur en France.

Des professionnels mobiles et aventureux 

Aujourd’hui, les jeunes professionnels n’envisagent plus d’accomplir toute leur carrière pour le même employeur, voire faire le même métier. Aimer son job, s’épanouir dans son entreprise prévaut autant que la sécurité de l’emploi et un salaire confortable. L’étude ViaVoice-ManPowerGroup peint le portrait d’une génération qui ne veut pas seulement subir mais accueillir un environnement en mutation constante. Cette envie de mobilité se manifeste à plusieurs niveaux : 22 % d’entre eux souhaiteraient changer plusieurs fois d’entreprise au cours de leur vie, 24 % se mettre à leur compte et créer leur entreprise et 12 % aimeraient s’expatrier à l’étranger. En entreprise, « 56 % des 18-30 ans privilégient des entreprises « évolutives, se remettant en question souvent ». Ils sont également 69 % à souhaiter un métier avec des missions qui évoluent, ou encore 61 % à préférer travailler en ‘organisation de projets’, c’est-à-dire avec des équipes et des missions s’adaptant aux besoins ».

Des patrons plus souples et ouverts 

Si les entreprises sont désormais plus flexibles sur la question, c’est tout d’abord en raison de la difficulté à recruter. En 2017, l'Insee signalait par exemple que la moitié des entreprises de l’industrie, des services et du bâtiment rencontraient des problèmes de recrutement. Autre raison : le taux de rotation du personnel. Le rapport de la Dares de 2016 précise que ce taux est à la hausse « depuis 25 puisqu’il s’établit à 95,8 % en 2017 pour l’ensemble des établissements de plus de 50 salariés, contre 28,7 % en 1993. Cette augmentation est largement due aux CDD, le recours aux CDI étant relativement stable ». Au-delà de la réalité économique, accueillir un ancien employé présente des avantages certains. L’ex futur employeur sait qu’il sera opérationnel immédiatement. Pas de phase de formation ou d’adaptation. Un gain de temps qui n’a pas de prix pour une entreprise. D’autre part, l’entreprise connaît l’employé, il sait à qui il a faire, sa capacité de cohésion avec l’équipe. Bref, il est, a priori, à l’abri de mauvaises surprises. Finalement, cet ancien collaborateur a évolué pendant ses années passées dans un autre environnement. Il peut donc apporter un regard neuf et de nouvelles  idées à l’entreprise. C’est sans doute pour cela qu’aux Etats-Unis, trois quarts des responsables de ressources humaines ne sont plus opposés à l’idée d’engager un ancien employé.

 

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