Savoir saisir sa chance, une compétence

Savoir saisir sa chance, une compétence
Selon Cadres et Dirigeants Magazine, négliger la chance qui se présente est une des causes fréquentes d’échec de la recherche d’emploi. Partant du principe que la chance ne tient pas que du hasard, que l’on peut créer soi-même les conditions favorables pour qu’elle arrive, que pouvoir se dire qu’on a de la chance est une pensée aidante, nous vous donnons quelques clefs pour développer comme une compétence la capacité à la saisir.

— Là, j’ai eu de la chance. Façon que l'on a parfois d'expliquer un événement bénéfique. Et de dire en passant qu'on n'y est pour pas grand chose.

« La chance est une façon de raconter une expérience que l’on a vécue, elle devient de la chance quand l’expérience est passée et à partir du moment où l’on en fait un récit », explique Christophe Belud, coach à la CoopRH. Pouvoir se dire qu’on a de la chance est « une pensée très aidante, une réminiscence des petites pensées magiques de notre enfance », complète-t-il. Et parce que ce qui se produit grâce à elle n’est pas relié à quelque chose d’intentionnel, évoquer la chance est aussi « une façon de donner du sens à ce qui nous arrive quand on a à l’expliquer ou à le comprendre ».

Au-delà de cet aspect, nous croyons aussi au Blog pour l’emploi que la chance se travaille, qu’elle peut être envisagée comme une compétence, qu’il ne suffit pas qu’elle se présente pour être acquise car il faut savoir la saisir, a fortiori quand on cherche un job. Christophe Belud nous rejoint : « Les gens chanceux créent des environnements favorables pour que les choses aboutissent. Et on constate que la chance vient à travers trois éléments : les rencontres, les territoires qu’on explore, la capacité d’écoute. »

Les rencontres : il faut vouloir que des rencontres se produisent, on doit donc être en mouvement, sortir de chez soi et accepter de discuter avec autrui. Les territoires : salons, conférences, associations, réunions de networking, ou bien des lieux sans lien avec la recherche d’emploi sont des territoires à explorer « pour se retrouver dans des situations qu'on pourra trouver favorables après coup », note Christophe Belud en insistant sur les territoires nouveaux où l’on peut créer des occasions de nouvelles rencontres. L’écoute : entendre et comprendre une demande, être réactif par rapport à elle, pouvoir y répondre, c’est cela être à l’écoute. Si l'on considère par exemple qu’une offre d’emploi, une opportunité de poste n’est pas assez bien pour soi, « il convient de questionner ce point en 2013, de même que si l’on corrèle son retour à l’emploi à un niveau de rémunération qui n’est plus d’actualité dans le contexte actuel », préconise notre coach.

Le rapport qu’on entretient avec la chance

Vous rencontrez, explorez, êtes à l’écoute mais rien n’arrive de bon ? « Dans ce cas il est opportun de changer de territoire, de réfléchir à de nouveaux, de cibler, de trier, d'exclure ceux qui n’apportent que des déconvenues. Il faut également savoir identifier que ce qui arrive est une chance », souligne Christophe Belud. La chance en effet résulte parfois aussi d'un état d'esprit. De plus, si l’on ne mise pas forcément sur la chance pour atteindre ses objectifs on peut en revanche finir par verser dans le « je n’ai pas de chance » et faire de ce constat une histoire dominante potentiellement écrasante qui entrave le mouvement, la mise en action.

La question de son rapport à la chance renvoie à la capacité à « stimuler en permanence sa vigilance et sa curiosité pour sortir de la routine », poursuit-il. Concrètement cela peut consister à accepter de redémarrer dans une nouvelle entreprise à un poste moins bien positionné que le précédent. « Voir cela comme une porte d’entrée plutôt qu’une régression c’est sortir d’une routine de pensée et se rappeler que le monde a changé et que si nous ne changeons pas nous-mêmes, il est probable que nous ne puissions pas provoquer des situations favorables », analyse-t-il.

Renégocier les conditions de son évolution

Pour reconnaître la chance qui se présente, il convient en outre de garder en tête que, pensée aidante ne s’écrivant pas comme baguette magique, plein de choses ne vont pas marcher. Être conscient de la difficulté de trouver un job vous rendra plus résistant au sentiment de découragement qui risque de vous envahir et par conséquent, de vous rendre moins perspicace et réactif face à la chance. Enfin, « savoir saisir sa chance c'est aussi être prêt à renégocier les conditions dans lesquelles on avait accepté d'évoluer jusqu'à présent, en fonction de ce qui est important pour soi et des limites que l'on pose », pointe Christophe Belud. Renégocier avec soi-même, en n'excluant pas l'hypothèse selon laquelle en 2013, la chance a peut-être changé de forme.

Sophie Girardeau

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