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Savoir se présenter avec ou sans CV

Savoir se présenter avec ou sans CV

Savoir se présenter avec ou sans CV nécessite de s’engager dans une démarche de marketing de soi (self marketing). C’est aussi un exercice de réinvention permanente. Suivez le guide pour vous familiariser avec le format court (le pitch) et le format long (le storytelling).

 

Se présenter est quelque chose que l’on ne nous apprend pas à l’école, personne n’est à la base mieux armé que son voisin pour ce faire. Même pas l’éloquent, qui peut avoir du mal à brider son flot de paroles et risque de noyer son interlocuteur. Ici point de recette mais  l’accent mis sur la réflexion que vous devez avoir sur vous-même afin de penser à la portée de ce que vous allez dire.

Avec ou sans CV, votre présentation doit refléter ce que vous avez à proposer. Elle répond aux questions que vous vous êtes posées en amont : qu’ai-je à offrir ? à qui vais-je m’adresser ? que vais-je dire à tel interlocuteur plutôt qu’à tel autre ? Elle ne contient pas une demande, mais une offre.  « C’est clairement du marketing », pointe Vincent Rostaing, fondateur du cabinet Le Cairn 4 IT. Un marketing de soi qui consiste à être identifié clairement et non à se vendre absolument. Sa construction ne doit donc pas être factice, elle doit tenir compte du poste en jeu et de ce que vous êtes. « Ne vous trompez pas d’objectif, votre but est de progresser dans votre recherche d’emploi, lorsqu’il s’agit d’un entretien réseau ou d’une réunion de networking, ou, dans le cadre d’un entretien d’embauche, d’obtenir un poste qui correspond à vos aspirations, pas n’importe quel job. D’où l’inutilité de vous construire un personnage pour coller à tout prix à une offre. Différencier son offre peut parfois être plus efficace que remplir 100% de critères d’une annonce », complète-t-il.

S’il l’on peut s’appuyer sur trois formats pour se présenter – le pitch, la présentation chronologique, le storytelling –, nous privilégierons le premier et le dernier, car, entre nous, la chronologie est soporifique, tous les recruteurs vous le diront.

Le pitch : dire l’essentiel en peu de mots

Vous avez entre 30 secondes et une minute trente pour vous présenter. C’est le fameux pitch ou l’elevator pitch américain : « une accroche et c’est ce qu’il y a de plus dur », avertit Vincent Rostaing. Cette accroche vous servira notamment dans les réunions pince-fesses de networking, les salons professionnels, conférences, dans toute occasion qui vous est donnée de sortir votre carte de visite. Cette dernière est d’ailleurs un complément indispensable du pitch : « On fait passer sur la carte de visite une identité, des valeurs ; on peut avoir pensé à un logo ou à un QR Code, cela fait pro, c’est une autre preuve que le CV ».

La bonne façon de se présenter en quelques secondes chrono ? Dans les réunions de networking, ne vous éternisez pas avec les personnes que vous connaissez ou avec lesquelles vous sympathisez. « Il s’agit de clore rapidement la discussion en proposant de se rencontrer, de papillonner pour multiplier les contacts et, lorsque cela vous semble opportun, de faire de l’entregent en présentant les gens les uns aux autres », conseille-t-il. Sous contrainte, seul ou avec d’autres, avec ou sans webcam, en chronométrant le temps que prend votre présentation, exercez-vous ! Testez son impact et veillez à prendre du recul pour l’évaluer sans complaisance ni flagellation.

Format long : embarquer l’interlocuteur dans votre histoire

Dans le cadre d’un entretien réseau ou d’un entretien d’embauche, la base de votre présentation est la chronologie de votre parcours. Pour autant, il ne s’agit pas de vous raconter en une litanie de dates. « En 10 ou 15 minutes vous avez  la possibilité de parler de choses qui vous ne mentionneriez pas dans votre CV, ne les cachez pas, faites-en une histoire. Ce laps de temps oblige à aller à un certain niveau de détail, au-delà de la récitation du CV qui, elle, n’a aucun intérêt », signale Vincent Rostaing. Des exemples ? L’association que vous avez montée pendant que vous cherchiez votre précédent job, la grossesse et le déménagement qui vous ont éloignée du bureau pendant 18 mois, la césure d’un an pour vous occuper de votre épouse malade… « On ne raconte pas sa vie dans un CV mais lors d’un entretien, on peut expliquer et mettre en perspective certains événements ou périodes, à condition bien sûr que cela apporte des informations au recruteur », pointe-t-il. Comme pour le pitch, l’entraînement, la répétition sont vos meilleurs amis mais, aussi rodée soit votre présentation au final, ne vous transformez surtout pas en automate ! Et d’un contexte à l’autre, envisagez les adaptations possibles. Votre "histoire" doit permettre de faire découvrir un aspect de motivation, une compétence, un trait de caractère.

Sophie Girardeau

 


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