Édition de logiciels : aller au plus offrant n’est pas le plus payant à terme

Édition de logiciels : aller au plus offrant n’est pas le plus payant à terme

Dans le secteur de l’édition de logiciels, les concurrents d’hier peuvent être les partenaires de demain. Les candidats ont donc tout intérêt à capitaliser sur des expériences cohérentes plutôt que d’aller au plus offrant.

Un candidat qui « passe à l’ennemi » est monnaie courante dans le secteur de l’édition de logiciels. « Les employeurs ont l’habitude de voir partir des collaborateurs avec des dossiers pour quelques billets supplémentaires. Cette pratique n’est pas pour autant un bon calcul de la part les candidats », constate Vincent Rostaing, fondateur du cabinet Le Cairn 4 IT. Mauvais calcul en effet car l’édition de logiciels est un univers constitué de mondes interpénétrés du fait des mutations des dernières années : concentration des acteurs sur les technologies matures (ERP, solutions de CRM…), évolution vers le Cloud computing et le mode SaaS (Software as a Service) entraînant un changement de modèle économique et de typologie des compétences à acquérir, émergence de nouveaux champs fonctionnels (solutions ECM ou collaboratives) créant de nouveaux usages. « Tout le monde pouvant fusionner avec tout le monde, il convient de réfléchir à la façon de quitter un employeur ou un employé, ce contexte implique un changement d’attitude de la part des candidats et des recruteurs », pointe Vincent Rostaing.

Ouvrir le champ des possibles

La meilleure façon de changer de job est de renoncer à la politique de la terre brûlée et à l’attrait de quelques dollars euros de plus. « Trouvez un trait d’union entre chacune de vos expériences en gardant à l’esprit qu’il faut ouvrir au maximum les possibilités. Par exemple, au lieu de rester dans un domaine fonctionnel et d’aller chez un concurrent direct, essayez d’élargir votre champ fonctionnel », préconise Vincent Rostaing. Le conseil est valable pour les commerciaux et les profils techniques.

Il convient donc de savoir pourquoi on veut changer de job, de se poser les bonnes questions : qu’est-ce que changer vous apportera de plus, au regard de votre désir d’évolution et aussi au regard des évolutions technologiques ou fonctionnelles ? Inutile aussi de s’arcbouter sur des acquis anciens qui ne servent plus à rien. De tels conseils peuvent faire sourire crânement les plus juniors qui ne savent pas encore, tant ils sont convoités, quel bruit assourdissant fait un téléphone qui ne sonne plus. « Mais quand on est senior, on est moins sollicité par les recruteurs. Il est donc très utile d’être capable de prouver qu’on a déjà su acquérir d’autres connaissances sur des champs applicatifs différents, ou qu’on a su passer des télécoms à l’informatique, ou encore du monde des logiciels propriétaires à celui des logiciels libres », souligne Vincent Rostaing.

L’expertise aussi se périme

Cependant, quid de l’expertise dans ce champ élargi ? Rappelons d’abord que la véritable expertise (certifications à l’appui) ne concerne qu’une poignée de profils connus comme le loup blanc. Qui plus est « un spécialiste creuse son sillon et ne propose que des solutions dans sa spécialité, il ne connaît pas l’ensemble du système d’information », remarque Vincent Rostaing. Comme les autres profils, l’expert a donc intérêt à élargir son champ d’action.
Les candidats ne sont pas les seuls à être gagnants d’une telle ouverture, les entreprises en tirent aussi des bénéfices : c’est de sang neuf dont elles s’irriguent en accueillant d’autres profils que des clones.

Sophie Girardeau

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