Comment trouver un emploi quand on vient des quartiers sensibles ?

Comment trouver un emploi quand on vient des quartiers sensibles ?

Selon les données fournies par Pôle emploi, les quartiers prioritaires connaissent aujourd’hui un taux de chômage 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale. Face à cette inégalité, quelle stratégie efficiente adopter pour décrocher un emploi ? Monster a posé la question à Delphine Hervé, consultante en recrutement au sein du cabinet de recrutement et conseil diversité, Mozaïk RH.  

 

Apprendre à cibler les entreprises 

Quand on cherche un emploi, la tentation est grande d’envoyer une multitude de CV avec l’espoir de décrocher au moins quelques entretiens. Des envois massifs qui, hélas ne garantissent pas des réponses et frustrent surtout les candidats. « Mieux vaut privilégier la qualité plutôt que la quantité. Il est nécessaire de prendre le temps de bien choisir les entreprises qui intéressent potentiellement le candidat. Pour cela, il a besoin d’entreprendre des recherches pour se familiariser avec l’ADN de l’entreprise. Il peut aussi effectuer une veille d’offres et les lire attentivement pour identifier les compétences requises » explique Delphine Hervé.

 

Préparer son CV et la lettre de motivation

Que l’on soit junior ou senior, le binôme CV et lettre de motivation reste un passage obligé du processus de recrutement. Pour la consultante, « rédiger un CV est un art : il faut apporter le même soin à la forme (soignée) et au fond (compétences techniques, soft skills et mots clés). Le tout contribuera à passer au moins la première étape. Pour rédiger son CV, le candidat a tout intérêt à mener ses proches recherches pour évaluer les attentes du marché en la matière. Il peut également solliciter les différents acteurs de l’écosystème de l’emploi comme les associations, Mozaïk Campus, l’offre de coaching gratuite aux candidats, les forums emploi ou Pôle emploi qui pourront le conseiller ».

 

Connaître les dispositifs gouvernementaux

Des mesures ont été prises pour soutenir les QPV (Quartiers prioritaires de la politique de la ville) et il faut les connaître. « Le dispositif Emplois Francs ou le programme « Le Plan 1000 jeunes » à l’initiative notamment de la fondation Mozaïk en Seine-Saint-Denis, peuvent véritablement booster une candidature. S’il le souhaite, le candidat peut intégrer à sa candidature, un document obtenu auprès de son conseiller Pôle emploi attestant qu’il est éligible à ce type de dispositif et qui permet aux recruteurs de bénéficier d’aides financières. Cette attestation mentionne également les avantages à recruter ce type de profil ».

 

Simuler l’entretien de recrutement

Tout le monde a besoin de s’entraîner à l’entretien d’embauche, surtout les profils éloignés de l’emploi. Réfléchir à son code vestimentaire, arriver à l’heure avec son CV en main, penser à la façon dont on va parler de soi, préparer ses réponses mais aussi ses questions, surveiller son langage corporel… Il existe de nombreux outils et sources d’informations pour comprendre les codes de l’entretien de recrutement. « Il ne faut pas hésiter à se faire aider notamment par des associations comme Article 1 ou les points relais des écoles qui proposent des ateliers de coaching tels que Mozaïk Campus. La clé, c’est de répéter pour maitriser au mieux les bases de l’entretien via des simulations ».

 

Ne pas avoir peur de relancer

Le processus de recrutement ne s’achève pas après l’entretien. « Nous conseillons d’attendre deux jours avant d’envoyer un mail pour remercier les interlocuteurs de leur accueil et récapituler ce que le candidat a compris du poste. Un mail de ce type peut influencer positivement le recruteur car il démontre que le candidat est motivé et sait faire preuve d’analyse. Ceci étant dit, il faut aussi comprendre que le temps candidat est différent du temps recruteur. Certes, il est difficile d’attendre une réponse mais il faudra patienter environ deux semaines après l’entretien pour envoyer une relance voire deux. Il faut éviter de brusquer le recruteur et ne pas donner l’impression qu’on est pressé. Le candidat peut simplement écrire qu’il est toujours à sa disposition s’il a besoin d’informations supplémentaires ».

 

Organiser un tableau de suivi

Pour éviter les impairs et les oublis, optez pour une liste ou un tableau récapitulatif de vos efforts. Cela permet de faire le point régulièrement sur vos démarches. « On peut recenser les offres, les dates d’envoi de CV, des entretiens et des relances effectuées. Il est bon de relire les offres régulièrement, quitte à y associer 3 mots clés. En effet, il est possible qu’un recruteur appelle sans prévenir et dans ce cas, mieux vaut avoir les offres en tête pour ne pas être déstabilisé. Si un recruteur laisse un message, il faut aussi prendre soin de bien noter l’identité du recruteur et identifier l’offre pour le rappeler en ayant toutes les informations nécessaires ».

 

Construire son réseau professionnel

Un réseau se construit et se nourrit au fil d’une carrière.  Et un candidat fraichement diplômé dispose d’un réseau même s’il n’en a pas conscience. « Il peut solliciter d’anciens collègues rencontrés lors de stages ou de jobs d’été avec lesquels il a tissé une relation de confiance. Il peut aussi demander des recommandations  à d’anciens professeurs ou maîtres de stage pour les ajouter à sa candidature. Il peut également se tourner vers les groupes d’entraide entre étudiants qui existe au sein des universités. Plus globalement, les réseaux professionnels permettent d’entrer en contact avec des recruteurs ou des salariés et donc de mieux connaître les entreprises. Mais attention, la rencontre digitale ne dispense pas de respecter certains codes. Il ne faut pas tutoyer son interlocuteur ou envoyer de mails le week-end ou le soir à minuit et veiller à utiliser des formules de politesse. ». Finalement, soigner son réseau, c’est aussi être très vigilant sur son identité numérique. « Les recruteurs peuvent potentiellement aller voir le profil du candidat sur Facebook par exemple. Au candidat de gérer les paramètres de son compte privé ou de créer un compte public pour soigner son image professionnelle » conclut Delphine Hervé.

 

 

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