Comment bien user de la candidature sponstanée

Comment bien user de la candidature sponstanée

Une bouteille jetée à la mer

Avec la multiplication des sites RH de grands groupes, poster sa candidature spontanée est simple comme un jeu d’enfant. 3 clics (ou presque) et votre CV figure dans la base de données des entreprises qui vous semblent les plus intéressantes. Vous faites grossir leurs viviers de profils à moindre coût. Mais pour vous, le jeu en vaut-il la chandelle ?

Certaines grandes entreprises peuvent recevoir près de 100 candidatures spontanées par jour par le biais de leur site Internet. Ces candidatures sont stockées dans des bases de données extrêmement formatées. En y déposant la vôtre, vous avez certainement pu constater combien il est difficile de mettre en valeur vos compétences en les faisant rentrer dans les fameuses petites cases des champs de saisie… Noyé dans la masse, votre profil ne sortira pas aisément du lot. D’ailleurs, très peu d’entreprises utilisent ces bases de manière efficace, témoigne Yannick Fondeur, chercheur au Centre d’Etudes de l’Emploi (CEE) dans un article paru dans Le Nouvel Economiste en novembre 2011. Les critères de recherche sont trop grossiers pour espérer trouver la perle rare. Pour elles, il est plus simple de passer une annonce afin de recevoir des candidatures adaptées à leurs besoins. Elles n’utilisent le potentiel de leurs bases uniquement en cas de recrutement urgent.

Ou un tir bien ajusté

Le but d’une candidature spontanée ? Décrocher rapidement un rendez-vous.  Mais pas pour entrer immédiatement en poste, contrairement à une réponse à une annonce. C’est un point à bien garder en tête afin de l’utiliser au mieux. ''Ce rendez-vous tient plus de la prise de contact que de l’entretien d’embauche'' explique Jacqueline Tessier, Conseillère en gestion de carrière.

Qui dit spontanée ne veut pas dire irréfléchie, bien au contraire. « Bien préparée, elle permet de se démarquer sur un marché concurrentiel où les candidats pour un même poste sont légion. Elle doit être utilisée pour servir deux objectifs distincts. Le 1er, contourner le flot de réponses reçues par les RH lorsqu’une annonce est publiée, en envoyant sa candidature directement au responsable du département dont le poste dépend. Le 2e, animer son réseau pour mettre au jour le marché caché de l’emploi.« Dans les deux cas, votre cible est bien votre futur N+1, et non les RH.

Pour parvenir au but, il faut enquêter auprès de votre futur N+1. En identifiant les spécificités et les attentes de son entreprise, vous pourrez vous positionner en adéquation avec ses besoins, avant même qu’il n’ait initié un recrutement. Contactez-le et faites-le parler de son métier et de ses contraintes, rebondissez sur ses propos pour susciter en lui l’envie de vous rencontrer. En un mot, créez le besoin avant d’envoyer votre candidature. Ensuite, relancez-le afin d’obtenir une entrevue, en gardant bien en tête que l’objectif est une prise de contact et non un entretien d’embauche. Si cela ne débouche pas immédiatement sur une proposition de poste, le N+1 deviendra un relais indispensable pour connaître l’évolution de l’entreprise et du marché afin de vous positionner au moment opportun. A vous de déployer votre stratégie d’animation de réseau afin que votre candidature spontanée fasse mouche !