Peut-on utiliser ses soft skills parentales pour décrocher un job ?

Peut-on utiliser ses soft skills parentales pour décrocher un job ?

Utiliser ses soft skills parentales pour postuler

Si vous n’étiez pas encore au courant, 97% des entreprises estiment que les soft skills d’un candidat ont toute leur place lors d’un entretien d’embauche. Et pour 44% d’entre elles, ces compétences sont même un critère de recrutement (Etude Monster 2019). Mais saviez-vous que dans certains cas, vous pouvez faire appel à vos soft skills parentales pour finir de convaincre votre potentiel employeur ?

 

Pour cela, veillez bien à :

  • Identifier toutes vos qualités parentales
  • Choisir les plus pertinentes au job pour lequel vous postulez
  • Évoquer ces qualités avec subtilité et parcimonie

 

La valeur des soft skills parentales 

Les femmes, diplômées en charge mentale, sont conscientes depuis toujours des qualités colossales nécessaires pour mener de front, vies professionnelle et personnelle. Pour les autres, les challenges liés à la pandémie ont mis ces caractéristiques en lumière. Il en a fallu du talent pour s’adapter au télétravail du jour au lendemain tout en gérant l’école à la maison, l’enfermement et tout le reste. Empathie, patience, agilité, calme, créativité : des soft skills parentales qui valent de l’or et ont un rôle à jouer dans votre vie professionnelle. Mais attention, expliquer que vous êtes capable de préparer une quiche lorraine tout en supervisant les devoirs de vos enfants (ce que font déjà 99% des mères) n’intéresse pas, a priori, les recruteurs. Vous devez donc vous attarder sur les qualités parentales potentiellement transposables dans votre vie professionnelle.  

 

Booster sa confiance avec ses qualités parentales

Pas facile de connaître ses compétences douces quand même les recruteurs peinent à les mesurer. Pourquoi ne pas commencer par lister tout ce que vous faites à la maison ? Un très bon exercice pour celles (et ceux) qui n’ont peut-être pas conscience de tout ce qu’ils accomplissent. « Vos capacités parentales ne sont pas en opposition à une carrière. De plus, reconnaître ses qualités, c’est se donner de l’assurance et c’est valorisant »  affirme Lucile Quillet, experte des problématiques liées à la vie professionnelle des femmes et autrice de « Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière ». C’est toujours intéressant d’identifier ses points forts notamment pour les femmes. Elles ont tendance à ne pas les formuler parce qu’elles estiment que cela va de soi d’avoir de la patience ou d’être organisée. Il ne faut pas hésiter à faire son auto promo pour que le recruteur comprenne de quoi vous est capable ». Et si vous avez tendance à vous sous-évaluer, pourquoi ne pas demander de l’aide à votre entourage pour obtenir le recul nécessaire et objectif ? « Comme en entreprise, vous pouvez leur demander un feedback bienveillant pour y voir plus clair et comprendre les domaines où vous excellez et ceux où vous êtes moins performant ».

 

Créer une passerelle entre ses qualités de parent et de professionnel

Une fois que vous avez établi la liste (vertigineuse) de vos qualités parentales, faites le tri. « Il faut identifier les soft skills parentales adéquates au poste recherché, qu’on pourra défendre aisément lors d’un entretien et qui sont vérifiables par le recruteur ». Introduire des compétences parentales dans la sphère professionnelle demande aussi de la subtilité. « C’est en effet assez original de parler de ce type de qualités. L’écueil serait d’en faire le point majeur de la candidature. Mais si vous n’avez pas travaillé pendant un ou deux ans, vous pouvez indiquer sur votre CV, à côté de la mention « congé parental », quelques soft skills qui collent au poste avec des exemples qui ne sont pas infantilisants. C’est une façon décomplexée d’assumer ses choix et d’y ajouter de la valeur » suggère-t-elle.  

 

Évoquer ses soft skills parentales en entretien

Aborder vos qualités de parents, c’est aussi tenir compte de la culture de l’entreprise. Certaines pourraient y être insensible. Cela dépend aussi du secteur, du métier et du recruteur. Si, pendant le confinement, le comptable que vous êtes, a explosé de créativité, avez-vous vraiment besoin de l’évoquer si vous postulez en interne ? Pas sûr. « Dans une entreprise, il y a d’autres qualités tangibles à mettre en avant et d’éléments vérifiables ». Mais si la partie expérience professionnelle de votre CV est un peu légère, vous pouvez vous en servir avec parcimonie. « Face à un recruteur, vos soft skills parentales sont un plus mais ce n’est pas la première chose à mettre en avant. Et ne croyez pas que si vous avez à faire à une femme, cela passera mieux. Un recruteur veut pouvoir vérifier ce que vous dites et il ne veut pas d’un candidat qui infantiliserait les équipes. S’il est intéressé par vos soft skills de parent, il vous interrogera. Citez des exemples sans trop vous étendre. Vous êtes la reine de l’organisation et gérez le planning de vos enfants les yeux fermés ? Précisez que cela ne signifie pas que vous considérez les salariés comme des enfants mais plutôt que vous êtes à l’écoute des besoins de chacun et capable des compromis justes. Sinon, le recruteur pourrait croire que tout votre univers se réduit au personnel » conclut Lucile Quillet.  

 

Lucile Quillet « Libre de prendre le pouvoir sur ma carrière » (Ed. Diateino)

 

 

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