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Comment composer avec les vides d’un CV ?

Comment composer avec les vides d’un CV ?

Les moments de creux dans un parcours peuvent arriver, savoir en parler évite qu’ils soient mal perçus par le recruteur et permet de valoriser vos capacités analytiques et relationnelles.

 « Comment expliquez-vous que vous soyez resté six mois au chômage ? ». Pour être courante, la question n’en est pas moins angoissante. Pour le candidat qui doit se justifier, pour le recruteur qui doit comprendre et limiter les risques. Les vides dans un CV concernent environ un quart des candidats. Ils résultent majoritairement du chômage ou de mauvais choix professionnels mais peuvent refléter des situations très diverses allant du congé parental à la longue maladie en passant par l’année sabbatique. « Si l’on a peur aujourd’hui d’évoquer un blanc dans un CV, cela devient très compliqué, on va potentiellement vers le mensonge, à éviter absolument. Attention au sentiment de gêne, à cette idée qu’il faut tout le temps se justifier pour des choses évidentes », souligne Charles de Lauzanne, manager sur les fonctions commerciales, marketing et ventes au sein du cabinet Mac Allister.

Assumer

Certaines situations, non subies (éducation des enfants, année sabbatique…), s’assument pleinement. D’autres renvoient à des vécus complexes ou douloureux et le candidat peut être tenté de tordre la réalité en sa faveur. Par ailleurs, un mauvais choix, une erreur s’expliquent très bien, mais leur multiplication est le signe que la personne n’a pas appris. Il serait temps d’essayer de comprendre pourquoi vous les reproduisez. « Il convient d’évoquer son expérience sans culpabilité ; si l’on table sur le mensonge ou l’esquive, c’est très bancale, le recruteur le ressent immédiatement et le candidat, à moins d’être un acteur rompu à cet emploi, n’est jamais bon », note Charles de Lauzanne.

Vous n’avez rien à gagner à taire le pourquoi d’un vide. D’une part, en quoi est-ce mal ou sale, ce vide ? D’autre part, tout finit par se savoir — les prises de référence sont faites pour ça et l’information galope de nos jours. Un vide n’est pas un piège si vous éclaircissez les zones d’ombre de votre CV. Le combler artificiellement en vous inventant des expériences fictives ? chercher systématiquement des excuses ? Oubliez.

Valoriser 

« Toute expérience, même un échec, est valorisable. Toute expérience difficile positivée est valorisante », rappelle Charles de Lauzanne. Pour que votre vécu résonne positivement à l’oreille du recruteur, vous devez être capable de formuler les choses de façon positive. Ce n’est pas dans l’urgence que l’on prépare son exposé des faits et ses arguments. C’est en se posant, en réfléchissant à cette expérience pour en faire ressortir ce qui a été utile. Lorsque vous parvenez à en parler sans malaise, vous faites preuve de maturité et de confiance en vous, vous retournez un échec, un accident, une erreur à votre avantage.

Certaines situations, telles que la maladie, sont bien entendu plus compliquées que d’autres. « Cela fait peur, les recruteurs français ne sont pas préparés à cela, même s’ils savent être dans l’empathie. En parler est délicat car c’est d’ordre privé mais le contraire est également risqué, et puis, c’est aussi se priver d’un éventuel « chapeau ! » », remarque Charles de Lauzanne. Respect pour le vécu, respect pour la capacité à le transformer et à l’exprimer.

Se renforcer

Le doute est le pire ennemi du recruteur. « Plus une zone d’ombre est bien expliquée, plus vite le recruteur passe dessus ; plus elle reste sombre, floue, plus le recruteur insiste, creuse, pour comprendre, pas nécessairement pour vous déstabiliser », explique Charles de Lauzanne. Vous pouvez vous sentir fragilisé car évoquer une période de chômage ou de maladie peut être très douloureux. Il importe donc d’apprendre en amont à parler des périodes difficiles qui ont créé le vide, avec son entourage ou des professionnels de l’accompagnement (coaches, outplaceurs, conseils en gestion de carrière…). En entretien, le mieux est d’évoquer ces points sans s’appesantir, de les survoler pour ne pas réveiller des choses trop douloureuses. Clarté et synthèse sont vos alliées.

Faire d’un vide dans le CV un argument vous demandera d’effectuer un réel travail sur vous-même impliquant quelques remises en question. À son terme, vous aurez gagné en compréhension des événements et en confiance. Sachez que votre parcours non linéaire peut tout à fait être compensé par une attitude mature, objective et positive. Et enfin, souriez, c’est tellement rare dans le contexte actuel que cela devient capital et marque favorablement les recruteurs.

Sophie Girardeau


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