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Marque employeur : 5 arguments qui parlent aux profils BTP

Les attentes sont élevées chez les profils BTP, qu’ils soient en poste, en recherche de CDI ou de mission d’intérim. Le point sur les messages de marque employeur qui leur parlent.

La tension du marché demande aux employeurs du BTP d’avoir des arguments solides pour convaincre les candidat·es de les rejoindre, et de les concrétiser au quotidien pour fidéliser leurs troupes.

1. Dimension des chantiers

Si les juniors regardent en général les chantiers à plusieurs millions d’euros des grands groupes avec des étoiles plein les yeux, les profils plus expérimentés se tournent plus volontiers vers les chantiers à taille humaine. « Les conducteurs ou conductrices de travaux, ou les technicien·nes études de prix par exemple, ont envie d’avoir les clefs du chantier et de la polyvalence dans les missions », note Jean-François Brûlé, consultant en recrutement, fondateur de JEFF Consulting.

2. Variété, technicité et prestige des ouvrages

ERP (établissement recevant du public), tertiaire (bureau, commerce), hospitalier, logement ; bâtiments en ossature bois, avec des voiles matricés, des porte-à-faux ; chantiers de réhabilitation lourde… : le multiproduit, l’innovation, le prestige motivent les candidat·es. « Les chantiers qui ont pignon sur rue font la différence, il y a une vraie attente de ce côté-là », note Stève Noël, DRH de Rabot Dutilleul Construction. La marque employeur du groupe, qui a inventé le béton armé en 1920, s’appuie notamment sur ses capacités techniques et son engagement environnemental. Dans une optique de construction de carrière, les jeunes veulent travailler sur des projets qui sont la suite de ce qu’ils ou elles ont déjà fait et représentent un défi. D’où leur recherche de variété et de technicité des ouvrages. « On sent une jeune génération particulièrement en demande d’opportunités et de challenges, des demandes qui concernent les types de projet et le sens au travail », constate Sunita Kahteran, responsable du développement RH du groupe Ramery.

3. Qualité de vie au travail

« En plus du poste et du projet, il faut pouvoir vendre de la qualité de vie au travail », note Albane Guerrier, Practice Manager Immobilier, Construction et Facilities Management chez Page Personnel. Même une TPE/PME doit pouvoir se présenter comme une structure qui offre savoir-faire et qualité de vie. « De plus en plus de jeunes font des choix de parcours de vie, moins de métier », observe Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment). Au-delà de l’organisation du travail (flexibilité horaire, télétravail pour les postes éligibles, congés supplémentaires…), il est aussi question de modes de management quand on parle de QVT. Celui de Rabot Dutilleul Construction par exemple encourage la confiance, l’autonomie et la prise de parole.

4. Valeurs incarnées, fierté d’appartenance, exemplarité des métiers et du management

VINCI Construction France forme ses managers aux nouveaux modes de travail, qui impliquent de nouvelles relations de travail. Ainsi que les tuteurs et tutrices qui accompagnent la nouvelle génération d’apprenti·es et de stagiaires. « Nos maîtres-bâtisseurs, de l’ouvrier·ère au cadre, sont une communauté qui porte l’exemplarité du métier, les valeurs de l’entreprise, éthiques et comportementales notamment. Nous mettons en avant les managers qui savent trouver l’équilibre dans les relations de travail », explique Dominique Ribeiro, directeur du développement RH de l’entreprise. Bouygues Construction valorise aussi le rôle des tuteur·trices. En créant les Compagnons du Minorange en 1963, Francis Bouygues promouvait une élite des chantiers incarnant les valeurs et la fierté du métier de bâtisseur. Pour Arkance également, filiale du Groupe Monnoyeur qui accompagne le BTP et l’industrie dans leur transition numérique, la fierté est un précieux outil d’engagement des candidat·es et des collaborateur·trices. Celle de ses technicien·nes par exemple qui travaillent avec des logiciels Autodesk et Trimble, des références dans le métier. « Plus largement, la fierté d’appartenance est utilisée comme base de notre démarches d’inbound recruitment », indique sa DRH, Valérie Guyot.

5. Salaire concurrentiel

Le salaire reste un élément fort de motivation. Les rémunérations du BTP ont beau être de 10 à 20% supérieures à la moyenne de l’ingénierie, elles ne satisfont pas facilement les candidat·es qui, « de plus en plus sollicité·es, deviennent de plus en plus exigeant·es », alerte Marc-Antoine Delobel, manager chez Fed Construction Aix. D’autant moins les ingénieur·es débutant·es qui les comparent avec les salaires d’autres secteurs. « En région toulousaine, le BTP souffre de la concurrence du spatial et de l’aéronautique qui paient beaucoup mieux », observe Vincent Roiron, responsable de région Sud-ouest chez Expectra. Face à des profils qui se savent rares sur le marché comme les ingénieur·es électricité ou climatisation, ou les technicien·nes CVC, tâtez votre enveloppe.

Sophie Girardeau

Publié le 20 mai 2021.