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BTP : donner des perspectives aux candidat·es comme à la profession

BTP : donner des perspectives aux candidat·es comme à la profession

La mise en perspective des parcours potentiels participe à l’attractivité et la fidélisation. En attirant jeunes diplômé·es et alternant·es, les employeurs posent aussi les fondations du BTP du futur.

Débuter adjoint·e chef·fe de chantier puis, au bout de 6 à 12 mois, devenir ingénieur·e travaux débutant·e et 2 ans plus tard, au terme d’un parcours long d’intégration et de formation, être ingénieur·e travaux avec des perspectives de progression dans le groupe, c’est la voie royale chez Eurovia.

Plans de recrutement et plans de carrière

L’entreprise porte son effort de recrutement sur les « sorties d’école ». « Cela permet de former les jeunes à nos métiers et notre culture d’entreprise et de leur offrir un parcours de carrière », explique sa DRH France, Claire Abry. Eurovia met en avant ses valeurs, son « ADN de proximité » d’agences à taille humaine et d’esprit d’entrepreneur·euse. « Nous nous appuyons sur nos opérationnel·les pour parler aux jeunes de la réalité des métiers de la route et des aménagements urbains, généralement méconnus en sortie d’école, pour expliquer qu’au bout de 10 à 15 ans, on peut devenir chef·fe d’agence », ajoute-t-elle. Pour favoriser ces échanges, cette filiale de VINCI utilise la plateforme My job glasses et participe à des forums, y compris virtuels. Du côté de Bouygues Construction, les campagnes de recrutement d’alternant·es, à tous les niveaux de qualification, vont bon train. Fin avril 2021, c’était au tour de la campagne Agis pour ton avenir d’être lancée, avec 1300 entretiens prévus — c’est une brique d’un dispositif qui vise le recrutement de 1000 alternant·es pour septembre. « Il s’agit d’attirer des talents qui feront l’entreprise de demain », pointe son responsable recrutement, Michaël Truntzer.

L’avenir de la profession BTP est à bâtir avec les jeunes

S’il recrute chaque année en France 35% de profils compagnons en CDI, Bouygues Construction a du mal à recruter des alternant·es qui sont dans le BTP par choix plus que par opportunisme. C’est une difficulté pour le secteur en général. Les CFA peinent eux-mêmes à recruter des jeunes, notamment dans le cadre des CAP des métiers du gros œuvre. Même constat pour les écoles menant au niveau BTS. C’est donc toute une profession qui en donnant des perspectives aux jeunes s’en donne à elle-même. « Avoir notre propre CFA en Île-de-France nous aide beaucoup mais les besoins existent partout en France. Il faut retisser des liens avec les centres de formation d’apprenti·es dans les régions où nous intervenons, et montrer les carrières que l’on peut faire avec un CAP ou un bac pro », précise Michaël Truntzer.

Montrer la variété des parcours BTP

En sachant parler de l’étape d’après, l’entreprise répond à une attente forte des personnes qui postulent dans le BTP. « Il faut savoir leur présenter des plans de carrière, donner des exemples de mobilité, d’évolution possible au sein du groupe », remarque Stève Noël, DRH de Rabot Dutilleul Construction. D’autant plus que l’envie de polyvalence amène certains profils à vouloir changer de métier, à passer par exemple de la construction à la promotion immobilière. « Il y a beaucoup de demandes de ce type chez les conducteur·trices de travaux », observe Jean-François Brûlé, consultant en recrutement, fondateur de JEFF Consulting. Ainsi, dès le début de carrière, Ramery offre la possibilité de choisir un parcours transverse au sein du groupe. Soit un parcours classique en sortant d’école d’ingénieur·e, qui fait choisir une activité parmi les six du groupe (travaux publics, construction, énergie, immobilier, enveloppe du bâtiment, environnement) et y rester. Soit, vu la palette des métiers, plusieurs vies professionnelles grâce à la mobilité interne. « Les élèves ingénieur·es en alternance peuvent ainsi apprendre les métiers de la construction pendant un an, ceux des travaux publics pendant un an, ceux de l’énergie pendant un an et ainsi, avoir une vue globale des perspectives données par le groupe », précise Sunita Kahteran, responsable du développement RH de l’entreprise.

Mettre en relief la modernité des métiers de chantier

Il y a deux ans, Bouygues Construction a organisé des journées portes ouvertes au public sans inscription préalable. L’occasion de montrer aux jeunes, qui pouvaient venir accompagné·es des personnes de leur choix, à quel point ces métiers ont évolué, par exemple au travers d’une démonstration de portage avec des exosquelettes. Les outils numériques prennent une place de plus en plus importante dans le quotidien des métiers du BTP, de la communication avec les salarié·es jusqu’à la lecture de plans et l’utilisation d’outils comme le BIM (Building Information Modeling). En matière de santé et de sécurité des personnes sur les chantiers, des initiatives existent pour réduire la pénibilité. « Ces métiers sont modernes, il faut plus le faire savoir aux jeunes pour les aider à se projeter dans un secteur dont ils·elles ont encore souvent une image erronée », souligne Dominique Ribeiro, directeur du développement RH chez VINCI Construction France. Les employeurs ont besoin de jeunes sur les chantiers pour sensibiliser d’autres populations à la transformation numérique. « Si les jeunes ne savent pas forcément lire un plan 3D, ils·elles sont habitué·es aux interfaces de navigation et peuvent accompagner leurs tuteur·trices sur ces aspects, dans une logique d’apprentissage inversé », note Michaël Truntzer. Il s’agit donc de donner une vision de l’avenir de la profession. Ramery par exemple fait travailler des élèves de l’HEI et de l’ICAM sur un prototype de base-vie du futur. « Elle permettra aux collaborateurs et collaboratrices d’avoir un environnement de travail connecté, où l’on se sent bien, qui s’intègre dans la cité et respecte l’environnement », explique Sunita Kahteran. « Plus nous montrerons comment nous travaillons — les technologies et matériaux utilisés, dans la compréhension des enjeux environnementaux —, et qui nous sommes — des employeurs engagés avec une vision d’avenir —, plus nous attirerons les jeunes », conclut Dominique Ribeiro.

Sophie Girardeau

Publié le 18 mai 2021.