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Entretien : 5 conseils pour aborder les réponses d’un·e candidat·e

Le/la recruteur·se doit être attentif·ve aux différents éléments qui font les réponses d’un·e candidat·e·s, et être conscient·e de ses propres biais pour éviter de les surinterpréter.

« Ce n’est pas tant la réponses qui importent mais la façon dont le candidat aborde les questions et y répond. » Christelle Sorbé, manager senior chez Menway Talents, rappelle régulièrement ce principe à ses équipes et en fait la base des conseils qu’elle nous livre.

1. S’intéresser à tous les éléments de réponse

Au-delà du contenu même de sa réponse, le temps que le/la candidat·e prend pour répondre, son intonation, sa posture, tous les signaux non verbaux qu’il/elle envoie, signe d’aisance, de nervosité, de gêne ou autre, sont des informations utiles.

Ainsi, le temps de réponse permet d’évaluer la spontanéité de la personne, sa capacité à prendre du recul, son sens de l’analyse, sa célérité intellectuelle… L’intonation peut donner une idée des capacités de prise de parole. Elle peut dénoter l’affirmation, l’assurance, ou au contraire, la timidité ou le stress. Le vocabulaire, lui, véhicule notamment des valeurs.

2. Interagir avec le/la candidat·e au lieu de surinterpréter ses réponses

Toutefois, la prudence s’impose en matière d’interprétation de ces signes. Un·e candidat·e qui répond du tac au tac puis digresse peut signifier qu’il/elle est spontané·e mais manque d’esprit de synthèse, ou qu’il/elle est stressé·e par l’entretien.

En cas de candidat·e mal à l’aise, Christelle Sorbé recommande d’interagir avec lui/elle afin de lui permettre d’analyser lui/elle-même sa réponse : « Si une difficulté à répondre apparaît, je relance le sujet d’une autre façon ; si je veux vérifier un point, je pose une autre question sur le même sujet. » La bienveillance est recommandée face à une personne fébrile, il est cependant nécessaire de garder en tête l’objectif de l’entretien : l’évaluation.

3. Apprécier les réponses au regard d’un poste donné

L’évaluation à partir de ces signes doit se faire au regard d’un poste donné. Cherchez dans les différents éléments de réponse ce qui vous renseigne sur la motivation du/de la candidat·e, ses valeurs, sa capacité d’engagement, sa façon de se projeter dans le job (à court ou moyen terme), ses compétences comportementales et son savoir-être. Cela demande au/à la recruteur·se (RH ou opérationnel·le) d’être conscient·e d’avoir des biais personnels, de savoir en faire abstraction et de bien connaître son mode de fonctionnement.

4. Aller au-delà de l’impression laissée par une réponse

La réponse du/de la candidat·e vous laisse une première impression, ne vous y arrêtez pas. « Laissez le temps au/à la candidat·e de se révéler », conseille notre interlocutrice. Dans un marché qui s’est inversé en faveur des candidat·e·s, il importe en effet de permettre à chacun·e de donner le meilleur de lui/elle-même.
Face à une personne qui a réponse à tout, récite sa leçon ou perd ses moyens, il est bon de recadrer l’échange pour repartir sur de meilleures bases. Le/la recruteur·se peut donc faire part de ses propres impressions pour débloquer une situation et fluidifier l’échange.

5. Privilégier l’écoute à la chasse au détail de chaque réponse

Notez les réponses du/de la candidat·e, mais pas toutes. Observez et interprétez ce qui peut l’être, sans chercher à capter chaque détail sinon, trop absorbé·e par ce travail, vous passerez à côté de l’essentiel : être présent·e et à l’écoute. « Un entretien c’est du temps et beaucoup de concentration, d’écoute active. Il faut laisser s’exprimer le/la candidat·e afin de recueillir un maximum d’informations », rappelle Christelle Sorbé. Dans vos notes, vous devez retrouver des verbatim du/de la candidat·e et vos propres éléments d’analyse (réponses étayées, maîtrisées, illustrées, floues, fluides, etc.).

L’écoute active permet de prendre du recul par rapport à la réponse, de relativiser son contenu. Quand les informations que donne le/la candidat·e vous laissent sur votre faim, « il faut savoir sortir de sa réponse et aller chercher ses non-dits, pour vérifier vos hypothèses et ne pas rester dans le doute », conclut-elle.

Sophie Girardeau

Publié le 8 octobre 2019.