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Recruter un alternant : conseils aux PME

Recruter un alternant : conseils aux PME

Où s’informer quand on veut recruter en alternance, de quelles aides peut-on bénéficier ? Pourquoi et comment embaucher un alternant, comment le manager ? Autant de questions qu’une PME peut se poser et auxquelles nous apportons des réponses.

Dans le cadre du plan « 1 jeune, 1 solution », les entreprises qui veulent recruter un alternant peuvent bénéficier de mesures exceptionnelles. L’aide de l’État alternance concerne l’embauche d’un salarié en contrat d’apprentissage préparant un diplôme jusqu’au niveau master. Prolongée jusqu’au 30 juin 2022, elle s’élève à 5 000 euros pour un apprenti mineur et à 8 000 euros pour un apprenti majeur.

Les 385 millions d’euros prévus par le plan de relance pour faciliter la transition numérique des TPE, PME et ETI sont un autre soutien, indirect celui-là, de la formation duale. Parmi les dispositifs d’accompagnement de cette transformation, citons celui de BPI/France Num. Le projet de Simplon.Prod, agence numérique de l’école Simplon.co, et Numerik-ea, agence digitale entreprise adaptée, s’inscrit dans ce cadre et mobilise des développeurs formés en alternance (des profils en insertion et en situation de handicap).

Au-delà des mesures actuelles, comprendre ce qu’implique une embauche en alternance est indispensable. Nous avons repéré quatre points d’attention :

  • Ce qu’apporte l’alternance à l’entreprise ;
  • La prise d’informations sur les dispositifs ;
  • Les bonnes pratiques de recrutement d’un alternant ;
  • L’approche managériale.

Ce qu’apporte l’alternance à l’entreprise

Pourquoi embaucher un alternant ? Le recrutement d’un tel profil apporte à l’entreprise plus que des avantages financiers :

  • C’est une solution à la pénurie de candidats dans certains métiers.
  • Au vu de la volatilité de certains profils, la fidélité du jeune pendant deux ans, si l’alternance se passe bien, est particulièrement appréciable.
  • « L’apprentissage en alternance permet à l’employeur de former la jeune recrue à ses méthodes et à sa culture », rappelle Yassine Bentayeb, directeur du bureau Hays de Lille.
  • Par ailleurs, « bourrés d’énergie et d’envies, ces jeunes ont des attentes qui se rapprochent de celles des futurs clients », constate Caroline Guichet, consultante senior et associée du cabinet Émergences RH. L’entreprise va donc apprendre elle aussi au contact des apprentis, et avec eux, se projeter dans l’avenir. Grâce à eux, elle va parfois revoir ses modes opératoires.
  • Le fait de proposer à un collaborateur d’être tuteur permet de le valoriser, de développer son engagement. C’est pour certains salariés l’opportunité d’acquérir une première expérience de management.

Où s’informer sur l’alternance ?

Au-delà des aspects contractuels et financiers, la prise d’information doit permettre de clarifier ce qui est attendu de la part de l’employeur, d’éclairer le choix du tuteur et son rôle, de comprendre l’impact d’un tel recrutement sur l’organisation de l’entreprise, de vérifier sa faisabilité selon le type de poste.

« Recruter un alternant à un poste de Community Manager peut être plus sensible que d’en recruter un à un poste de développeur, cela doit s’organiser », pointe Frédéric Bardeau, président et cofondateur de Simplon.co.

Pour ce faire, plusieurs sources d’information sont à votre disposition :

1. Le portail de l’alternance

Au-delà des dispositions du plan de relance de l’apprentissage, les entreprises peuvent entre autres y trouver des informations sur les conditions d’attribution de l’aide unique aux employeurs d’apprentis et son montant et les démarches administratives à effectuer dans le cadre du contrat d’apprentissage, du contrat de professionnalisation et de la demande d’aide TPE jeunes apprentis.

Ce lien donne accès aux formulaires Cerfa des différents contrats, à leurs notices explicatives et à des tutoriels.

2. Les institutions et organismes

Les chambres consulaires (chambres de métiers, de commerce et d’agriculture), le Conseil Régional, et les opérateurs de compétences (Opco, ex OPCA) vous informent aussi. Notez que les Opco proposent entre autres des conseils en matière d’ingénierie financière, pensez à les solliciter.

3. Les Centres de formation d’apprentis (CFA), écoles et organismes agréés

Simplon.co par exemple organise des sessions d’informations lors desquelles des employeurs d’alternants témoignent. Ces retours d’expérience aident les PME à se lancer dans l’aventure de l’alternance.

En bonus, un conseil de lecture : Le Guide du Routard de l’alternance (Hachette, juin 2017).

7 conseils pour recruter un alternant

Embaucher un alternant demande d’adapter les fondamentaux du recrutement à la spécificité de ce type de profil : quelqu’un qui ne sera pas présent à 100% de son temps en entreprise et qui sera là pour apprendre.

1. Anticiper le recrutement d’un alternant

Les PME, par manque de ressources RH internes, ont généralement du mal à dégager du temps pour recruter un alternant dans les règles de l’art — il faut notamment avoir le temps de développer les relations écoles. L’anticipation peut pallier cette difficulté. Une intégration en septembre par exemple demande de se pencher sur le sujet au moins 6 mois à l’avance, d’identifier rapidement dans les écoles les personnes en charge des relations entreprises. « L’intégration se prépare dès la définition du poste, de ses missions et objectifs », souligne Yassine Bentayeb.

2. Soigner l’expérience candidat

Comme avec n’importe quel type de profil, « il faut être réactif en termes de processus de recrutement ; au-delà de trois semaines grand maximum entre le premier contact et la prise de décision, on perd le candidat à l’alternance », constate Caroline Guichet. De plus, les intentions de l’employeur doivent être claires : soit il peut proposer un CDI à la suite de l’alternance, soit non. « Parler de la pérennité de son besoin est la meilleure façon pour l’employeur de tenir sa promesse », note Yassine Bentayeb.

3. Adapter l’entretien

« L’attitude d’un candidat à l’alternance est différente de celle d’un candidat à un CDI. Dans le cadre d’une alternance d’un an par exemple, le poste est juste un tremplin, le questionnement du recruteur doit en tenir compte », poursuit-il. De plus, il s’agit de mettre le jeune à l’aise, mieux vaut donc éviter les entretiens trop formels. Ce jeune candidat, qui parfois ne sait pas bien « se vendre », peut faire douter le recruteur. Au lieu d’écarter les profils trop timides, mettez-les en action, par exemple en leur proposant une étude de cas, cela peut révéler un potentiel insoupçonné.

4. Évaluer avant tout les soft skills de l’alternant

L’alternant est une personne en devenir, il faut tenir compte de son inexpérience. Il convient d’évaluer avant tout ses softs skills : sa courtoisie, sa motivation, son intérêt pour l’entreprise, sa curiosité, car quelqu’un de curieux cherche à apprendre. « Proposer une journée d’observation est un bon moyen d’observer son comportement », remarque Caroline Guichet. « S’intéresser aux compétences acquises dans des activités extra-professionnelles, associatives par exemple, est un autre moyen d’évaluer le potentiel d’un candidat à l’alternance », note David-Alexandre Gava, cofondateur d’Engagement Jeunes.

5. Impliquer toute l’équipe dans le recrutement

Dans une TPE/PME, au regard de la taille des équipes, c’est avec l’ensemble des collaborateurs que l’alternant travaillera. Il faudra donc impliquer tout le monde afin de cimenter la cohésion d’équipe.

6. Prendre des références

Il y a dans l’alternance un engagement contractuel (c’est un CDD) et moral : l’employeur s’engage à faire monter un jeune en compétences. « La décision d’embauche ne peut être prise à la légère, une prise de références auprès des formateurs et maîtres d’apprentissage est nécessaire », recommande Caroline Guichet.

7. Préparer l’accueil de l’alternant

Recruter avec succès en alternance passe aussi par un onboarding réussi. L’intégration de cette nouvelle recrue pas tout à fait comme les autres « demande de préparer l’ensemble de l’équipe en plus du tuteur. Et de préparer la rencontre entre le tuteur et l’organisme de formation », indique Frédéric Bardeau.

Sophie Girardeau

15/11/2021