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Pourquoi il faut encourager le tempérament d’entrepreneur des jeunes diplômés

Pourquoi il faut encourager le tempérament d’entrepreneur des jeunes diplômés

Créativité, indépendance, capacité à expérimenter : des traits de caractère d’entrepreneur que l’on retrouve de plus en plus dans la génération Y. Difficile d’intégrer ces tempéraments dans l’entreprise ? Idée courte, préjugé.  Cette spécificité de certains jeunes entrants est au contraire une manne que les entreprises ont tout intérêt à accueillir.

Sébastien Guichard, 26 ans, diplômé de l’ESGF,  a fondé avec Alexandre Branche le réseau social financier Dogfinance en 2009. Tous deux se sont rencontrés durant leurs études et sont des entrepreneurs nés : en recherche d’indépendance, ils ont des idées et les concrétisent. Ces jeunes diplômés qui créent leur entreprise sans passer par la case salariat « constituent la force vive de l’entrepreneuriat en France et il y en a de plus en plus », constate Jean-Marc Mickeler, associé et responsable de la marque employeur de Deloitte.

Un phénomène que confirme Sébastien Guichard. Pour autant, des toujours plus nombreux aspirants entrepreneurs qu’il a rencontrés lors d’événements organisés par le Moovjee (Mouvement pour les Jeunes et les Étudiants Entrepreneurs), le CJE (Cercle des Jeunes Entrepreneurs), le CJD (Centre des Jeunes Dirigeants) ou Graine d’Entreprise, tous ne créeront pas leur boîte.

Car à côté des entrepreneurs purs et durs, on trouve deux autres types de profils, comme l’explique Jean-Marc Mickeler : « Ceux qui ont une sensibilité entrepreneuriale mais pas forcément l’idée géniale et les « faux entrepreneurs ». Ces derniers sont dans une sorte de défiance vis-à-vis de toute forme d’organisation. On les retrouve sur le marché du travail en recherche d’une entreprise qui réussira à les convaincre que l’on peut créer des choses dans une structure déjà établie ». Comment attirer ces profils et favoriserleur épanouissement ?

Valoriser les idées nouvelles

Ces jeunes-là cherchent de l’implication, ils ne se voient pas comme de simples exécutants. « Ils veulent comprendre pourquoi ils agissent et que leurs idées soient entendues. C’est important pour l’entreprise de prendre cela en compte. Attribuer un rôle aux jeunes dans des domaines de réflexion stimule leur engagement et leur fierté d’appartenir à l’entreprise », remarque Sébastien Guichard. Dans une entreprise agile, au cycle de décision court, à l’organigramme plat, on peut développer des programmes qui favorisent l’intégration et l’épanouissement de ces profils.

Deloitte offre ainsi à certains jeunes diplômés la possibilité de passer 18 mois dans l’un de ses métiers — l’audit par exemple —, puis de partir 6 à 12 mois ou plus dans une start-up avec l’engagement moral de retour pendant un an chez Deloitte. « Ce programme concerne au maximum dix jeunes diplômés par an ayant prouvé des capacités d’entrepreneur ; au terme de ces quatre ans d’expérience, ils peuvent se déterminer. Mais la capacité d’une entreprise à valoriser les promoteurs d’idées nouvelles ne se décrète pas, elle est ou pas dans sa mentalité », souligne Jean-Marc Mickeler.

Promouvoir le droit à l’erreur

Il y a chez ces jeunes une forme de maturité et d’insouciance qui les pousse à expérimenter et donc à se tromper, parfois. « Ce comportement doit être encouragé en entreprise, pour sortir du diktat du refus de l’échec en France où l’on traîne encore trop souvent sa casserole. Les entreprises doivent accepter que pour avoir une idée gagnante il faille passer par quelques idées perdantes », pointe Jean-Marc Mickeler. Ces jeunes diplômés s’épanouissent dans les entreprises qui ont la capacité d’investir, même dans l’erreur.

Que les organisations qui redoutent ces électrons libres supposés se rassurent : quand on met un jeune diplômé d’aujourd’hui dans de bonnes conditions de s’épanouir, il est aussi performant, voire plus, que ses prédécesseurs. Bridée, une énergie créatrice peut être ingérable, mais canalisée et stimulée, elle est source de performance. La génération Y a été éduquée avec des outils et des repères différents de ceux des générations précédentes, cependant c’est aux entreprises de s’adapter, de s’engager dans un chantier de transformation nécessaire. « L’entreprise qui n’a pas compris cela en paiera le prix fort, il n’y a rien de plus dangereux que de rester dans une zone de confort. La mise en valeur de l’erreur est encore loin d’être un argument de vente en France, toutefois, l’entreprise doit être capable d’accompagner ses salariés dans leurs erreurs, a fortiori les plus jeunes, a fortiori les plus entreprenants », explique Jean-Marc Mickeler.

Programmes d’intégration, ateliers favorisant la mise en avant de leurs idées, rôle d’ambassadeur, autant de solutions pour accueillir au mieux ceux qui ont la fibre entrepreneuriale. Mais au-delà d’un programme, d’un process ou d’une fonction, c’est en leur offrant une diversité d’expériences que l’entreprise fabrique avec ces profils du gagnant-gagnant. Il faut avec eux savoir faire du sur-mesure pour en contrepartie attirer et fidéliser ces collaborateurs moteurs et promoteurs de leur entreprise.

Sophie Girardeau

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