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Recruter autrement : pourquoi pas un retraité ?

Recruter autrement : pourquoi pas un retraité ?

Des recruteurs témoignent de recrutements en dehors des clones. Celui d’un retraité par exemple à un poste de responsable maintenance multisite, comme le raconte Béatrice Louvet (Groupe Transition).  

« Dans un contexte de forte pénurie de candidats, laisser croire à l’entreprise qui recrute que ses repères d’avant sont toujours valables est une erreur », souligne Béatrice Louvet, directrice générale du Groupe Transition. Aujourd’hui en effet, les candidats, qui reçoivent cinq propositions par jour, mènent la danse. Et celui que toutes les entreprises recherchent, c’est-à-dire un profil expérimenté et titulaire du « bon » diplôme, n’existe pas ou est sur-sollicité. Les consultants en recrutement ont donc à exercer une influence pour « ouvrir les chakras » des recruteurs internes. Une influence qui va de la capacité à supprimer des critères de sélection qui font tourner en rond la recherche, à l’audace de présenter des candidats que personne n’attendait.

Le candidat projeté d’un côté, la réalité du marché de l’autre

Sur le papier, le candidat, au profil très pointu, existe : pour tenir cette fonction de responsable maintenance multisite en Europe, telle entreprise attend notamment un expert du ferroviaire qui parle Allemand et soit mobile. Dans l’esprit du recruteur interne, il existe aussi : on le trouvera forcément parmi les si nombreux candidats « dehors ». Sur le marché en revanche, pas l’ombre d’un candidat qui ressemble au candidat projeté — l’entreprise cherche en vain depuis plus de six mois. Pourtant, il existe bel et bien en la personne d’un retraité de 62 ans. C’est ce qu’explique notre interlocutrice à son client.

Une question de confiance pas une affaire de CV

Dans ce cas comme dans d’autres concernant des candidats « atypiques », notre interlocutrice, au lieu de partir d’un CV, a décroché son téléphone pour expliquer à son client en quoi cette candidature répondait à ses attentes. « Il a fallu faire accepter à l’entreprise les contraintes relatives à l’emploi d’une personne retraitée, c’est-à-dire un temps partiel », explique Béatrice Louvet.

Ouvrir les recrutements, non par défaut mais parce que les compétences sont là

L’influence d’un.e consultant.e en recrutement pour ouvrir les recrutements s’exerce d’autant mieux qu’il/elle prouve, au bon moment, ce qu’il/elle avance, à savoir que le candidat a les compétences (techniques et humaines) requises pour tenir le poste — sachant que c’est toujours difficile à prouver. Un des enjeux actuels est de faire prendre conscience à l’entreprise de l’extrême tension du marché. Ce n’est possible que lorsque la confiance avec son client est établie. « Faire bouger les lignes demande beaucoup de force de conviction, et d’avoir face à soi un client extrêmement réactif et ouvert d’esprit, c’est nécessaire dans un marché très pénurique », ajoute Béatrice Louvet. Nécessaire et satisfaisant pour toutes les parties, puisque l’entreprise ravie d’avoir trouvé une perle, rare avant d'être retraitée, a renouvelé son contrat à durée déterminée.

Sophie Girardeau