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Care management : l’enjeu de l’identification des aidant·es

Care management : l’enjeu de l’identification des aidant·es

Faire connaître les dispositifs de care management est une façon pour les managers et les RH d’identifier les salarié·es aidant·es.

Chez Primonial, société de gestion d’actifs de 1030 personnes, 75% des salarié·es aidant·es qui ont bénéficié de l’accompagnement d’un·e care manager ont gagné 5 heures de travail par semaine. En cherchant à leur place des prestataires de proximité, en coordonnant les différent·es intervenant·es auprès d’un proche fragile, en les orientant, le care manager allège la charge qui pèse sur les épaules des aidant·es. Mais pour en arriver là, l’entreprise doit avoir connaissance de l’existence de ces salarié·es en son sein.

Les aidant·es, une population difficilement identifiable

Or, la majorité des salarié·es aidant·es (53 %) n’ont pas informé leurs collègues de leur situation et encore moins leur employeur (65%) — source Baromètre des aidants 2019 Fondation April/BVA. Outre les coûts qu’elle génère, pour l’individu (stress, fatigue, évolution professionnelle potentiellement entravée…) et pour l’entreprise[1] (absentéisme, présentéisme improductif[2], désengagement, risques psychosociaux, inégalité femme/homme[3]…), la situation d’aidant·e a des incidences en termes de management. La désorganisation, la baisse de performance et l’absentéisme sont des signaux faibles pouvant mettre les managers et les RH sur la piste de salarié·es aidant·es. De la finesse relationnelle est cependant nécessaire pour aborder la question.

Aider un·e salarié·e à se reconnaître comme aidant·e

« Des difficultés managériales apparaissent car le sujet concerne des aspects intimes que l’on n’évoque qu’avec des collègues dont on se sent très proche », observe Guillaume Staub, cofondateur de Prev&Care, plateforme de prévention et de care management destinée aux salarié·es d’entreprises de toutes tailles, et d’Amantine, dont l’offre de care management s’adresse aux particuliers, étudiant·es, professions libérales, retraité·es… Les managers, par leurs qualités d’écoute, par leur posture bienveillante, jouent donc un rôle essentiel dans l’identification des aidant·es. Ils·elles doivent « sensibiliser les équipes à la question, expliquer ce qu’est un·e aidant·e pour que les personnes qui soutiennent des proches fragilisés se reconnaissent comme aidantes et pensent à utiliser les solutions de care management », développe-t-il. La visibilité des aidant·es et celle des dispositifs pouvant résoudre leur problématique et partant, celle de l’entreprise, sont d’ailleurs interdépendantes.

Communiquer en interne sur les dispositifs de care management pour repérer les aidant·es

La communication proactive sur le care management contribue à mettre au jour la problématique des aidant·es au sein d’une organisation. Quand une entreprise fait appel à un service de care management, « il faut animer ce service en interne de façon régulière (tous les trimestres, tous les mois) afin que les salarié·es sachent qu’il existe », recommande notre interlocuteur. L’entreprise choisit ses outils de communication (newsletter, intranet, affichage, réunion…) selon sa culture.

L’entreprise qui s’empare du sujet des aidant·es règle des questions opérationnelles, de performance, de qualité de vie au travail. En améliorant l’expérience de ces salarié·es, elle marque des points en termes de marque employeur. Primonial a d’ailleurs noté un niveau de satisfaction et d’engagement en hausse de la part de ses salarié·es accompagné·es par un·e care manager.

Sophie Girardeau

Publié le 10 mars 2020.

[1] En 2019, 53% des aidant·es étaient salarié·es contre 44% en 2018 (source Baromètre des aidants 2019, Fondation April/BVA).

[2] 41% des aidant·es salarié·es ont déjà connu un manque d’efficacité au travail en raison du stress et de la fatigue que leur situation génère (source Baromètre des aidants 2019, Fondation April/BVA).

[3] 57% des aidant·es sont des femmes.