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Audit & Conseil : des prévisions d‘embauche importantes

Les recrutements de l’ensemble des acteurs du chiffre et notamment des grandes enseignes ont été importants cette année. Tout indique que les programmes d’embauche seront aussi dynamiques en 2017. Ils sont plus particulièrement destinés aux jeunes diplômés. Avec une place de plus en plus large pour les jeunes ingénieurs et les titulaires d’un double diplôme

L’approche des carrières du chiffre et du conseil mérite la franchise. Cette filière propose un environnement souvent très formateur, des contacts professionnels qui peuvent aider à construire une carrière mais aussi de fortes charges de travail et un climat de compétition parfois usant. Des paramètres que les nouvelles générations analysent avec de plus en plus de soin.

Une évolution que les cabinets les plus grands comme les plus modestes ont intégrée. Tous et principalement en région parisienne, essaient de proposer des carrières qui ne soient plus des parcours linéaires. C’est particulièrement vrai pour les Big 4 – EY, KPMG, PwC et Deloitte – qui souffrent d’une pénurie d’auditeurs ayant trois ou quatre ans d’expérience. 

La filière s’ouvre largement aux profils moins conventionnels notamment scientifiques.

Un trou dans la raquette RH qui crée un rapport de force que les spécialistes considèrent actuellement plutôt en faveur des bons profils. Ce déséquilibre s’explique facilement : les cabinets sont sous l’œil vigilant des autorités de régulation. Bruxelles a ainsi lancé un vaste chantier sur les pratiques et les métiers de ces professions très encadrées. Les ténors qui monopolisent près de 70 % du marché font face à des règles du jeu plus contraignantes. Par ailleurs, l’irruption à grande échelle des nouvelles technologies et des process numérisés dans l’ensemble de la chaîne des métiers exige de nouvelles expertises. Le Big data, la Cybersécurité, le Control Analytics s’installent dans les cabinets. Une révolution qui appelle de nouveaux profils, de nouvelles expertises parfois éloignées des cursus traditionnels « Le constat est clair : les enjeux de la data sont dans chacun de nos métiers. Nous sommes en priorité des auditeurs. Mais on insère des pratiques qui abordent désormais le traitement des données sous tous ses aspects » précise Nicolas Richard Associé chez KPMG responsable des activités Advisory qui souligne l’intérêt des grands cabinets pour les formations d’ingénieurs.

Dernier facteur à considérer : le marché du recrutement est en permanence animé par une génération de jeunes diplômés dont l’horizon professionnel est court. Les recruteurs savent qu’il dépasse rarement trois ans pour les Bac +5. « Nous avons intégré dans nos pratiques de recrutements cet aspect des choses. Pour y faire face nous multiplions les options qui leur sont ouvertes. On aménage différemment les carrières des Bac +5, les plus volages, et nous mettons l’accent sur les Bac +3 qui sont souvent dans une logique de carrière longue. Cela dit, l’introduction du Data va modifier nos métiers et par ricochet les profils vont eux aussi évoluer » constate Isabelle Matthieu DRH de PwC.

Dans ce paysage en mutation, les fondamentaux restent néanmoins le principal gisement d’embauches. L’expertise comptable, la gestion sociale et l’audit continuent de réclamer leur lot de jeunes diplômés mais aussi de collaborateurs plus expérimentés. Sur le terrain, c’est dans la filière comptable que l’on recrute encore le plus. Sous l’impulsion des PME qu’alimentent les cabinets à vocation régionale et les grands réseaux nationaux qui via leurs filiales misent sur la proximité et les services personnalisés. Ces postes sont particulièrement dédiés aux diplômés des écoles de commerce régionales, aux licences professionnelles mais aussi aux BTS et DUT qui sont formés en interne ou bénéficient de l’alternance. 

L’esprit entrepreneurial est désormais un atout dans des métiers très évolutifs.

C’est dans ce cadre que les auditeurs peuvent après quelques années d’expérience, se lancer dans des formations qui les mèneront vers la conquête du titre de commissaire aux comptes. Un statut qui permet de passer d’un secteur à l’autre et d’évoluer de façon transversale. La piste de l’expertise comptable est une autre option. Si le DSCG (diplôme supérieur de comptabilité et de gestion) est indispensable le titre est au bout du chemin après trois ans de stage.

Le digital irrigue toutes les expertises, avocats inclus.

Si on ambitionne une carrière plus diversifiée, c’est vers les Big 4 et leurs challengers qu’il faut se tourner. Ils travaillent avec la totalité du CAC40 en France, 99 des plus grandes sociétés britanniques, et ils sont les grands prestataires des sociétés cotés aux États Unis. La sélection y est plus rude et les recrutements plus ciblés « Il y a une accélération de la transformation de nos métiers. Les enjeux des entreprises changent. En tant que partenaire et tiers de confiance, nous devons coller à ces mouvements. Et pour cela nous mettons l’accent sur la transversalité. Pour permettre à nos jeunes recrues de développer leurs talents. Ils peuvent avoir plusieurs vies dans un même cabinet. C’est d’ailleurs nécessaire pour faire évoluer nos structures » explique Felicitas Cavagné, Associée Audit et Responsable du recrutement chez Deloitte qui reconnaît beaucoup apprécier les double diplômés. 

Des mutations qui ouvrent les portes des cabinets à une nouvelle population : les profils technologiques et scientifiques des écoles d’ingénieurs ou des Master2 spécialisés. Des acteurs souvent très éloignés du marché de l’Audit et du Conseil. « C’est un déficit que nous devons combler car plus que des connaissances techniques ce sont des cerveaux bien faits capables de s’adapter aux évolutions technologiques que nous recherchons. Le mixte fondamental de nos métiers et révolution digitale nous permet de proposer des parcours à la fois structurés et évolutifs qui permettent de se projeter professionnellement » conclut Sylvie Magnen, Associée, Responsable de la stratégie RH de EY.