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Handicap : la crise met en exergue l’utilité des accords agréés

Handicap : la crise met en exergue l’utilité des accords agréés

La réforme de l’obligation d’emploi des personnes handicapées limite la durée des accords agréés. C’est pourtant grâce à eux que des entreprises ont pu faire preuve de réactivité et maintenir leurs actions handicap pendant la crise.

La loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 pour la liberté de choisir son avenir professionnel, mise en œuvre depuis le 1er janvier 2020 et prévoyant des modalités transitoires jusqu’au 31 décembre 2024, limite à trois ans la durée des accords handicap agréés, renouvelable une seule fois. S’il est trop tôt pour mesurer l’impact de la réforme de l’obligation d’emploi des personnes en situation de handicap, on peut a contrario mesurer l’importance du rôle de ces accords en période de crise.

Des aménagements de postes rapides lors du développement du télétravail pendant le confinement

En 2020, une année à nulle autre pareille, l’existence d’un accord handicap est plus que jamais gage de réactivité. Chez AKKA Technologies par exemple, le développement du télétravail lors du premier confinement a obligé à effectuer très rapidement des aménagements de poste. Le fait de pouvoir signer elle-même son budget et de disposer d’une Mission Handicap a facilité l’adaptation de l’entreprise à une situation urgente. « Quand l’entreprise gère son propre budget elle est nécessairement plus réactive, notamment sur la question des aménagements de postes. Sans accord, le traitement du dossier Agefiph est plus long, sa gestion se fait à une autre échelle. La crise du Covid et la nécessité d’aménager en urgence des postes au domicile des collaborateurs a mis en évidence les facilités qu’offrent les accords agréés », explique Sigrid Sauron, responsable Diversité & RSE chez AKKA Technologies.

Le maintien, malgré la crise, d’actions en faveur de l’emploi des personnes handicapées

« Il ne faut pas se leurrer, un budget spécifiquement dédié au handicap est utile », poursuit notre interlocutrice. Ainsi, cette année, 10 personnes en situation de handicap (10 ETP en CDI) ont pu être recrutées en France par ce groupe d’ingénierie et de conseil en technologie (21 000 collaborateurs et collaboratrices réparti.es dans 22 pays). Et ce alors que le risque d’un plan social plane au-dessus d’AKKA en Occitanie (l’entreprise est touchée de plein fouet par la crise de l’aéronautique et de l’aérospatial). « Même en période difficile, il ne faut pas lâcher le sujet du handicap. Nous devons continuer à véhiculer des messages positifs et il y a des régions et des métiers où des postes s’ouvrent », indique-t-elle. Le jeudi 12 novembre à 12h, l’entreprise a d’ailleurs lancé un tournoi « hand’e-sport » de recrutement et de sensibilisation au handicap (en format 100% virtuel vu les contraintes sanitaires), dans le même esprit que Sport2Job Lyon, organisé par Talentéo, auquel elle avait participé en 2017 et 2018. Dans un tel contexte, sans accord ni budget handicap, l’opération n’aurait peut-être pas pu voir le jour.

Sans accord agréé, un risque de mise à mal de la dynamique créée autour du handicap

Un autre point majeur de la réforme de l’obligation d’emploi concerne l’utilisation du budget. Si l’État a assoupli les modalités de départ qui interdisaient d’imputer au budget handicap des actions avec des partenaires du milieu adapté et protégé et des associations, le risque de casser la dynamique créée autour du handicap existe cependant. Car le travail des missions handicap avec ces partenaires est facilité par l’existence d’un budget dédié. Son absence obligera à rationnaliser ces partenariats, ce qui peut, certes, avoir du bon. « Actuellement, grâce à notre budget handicap nous pouvons travailler avec des associations comme le Club Être ou Handi Lyon Rhône, il serait dommage de ne plus pouvoir participer à ces instances », souligne Sigrid Sauron. D’autant plus qu’en matière de politique handicap, il n’y a pas de secret d’entreprise, le réseau et le partage de bonnes pratiques jouent un rôle prépondérant.

Sophie Girardeau

Publié le 17 novembre 2020.