Accueil / Marché de l'emploi / Actualités de l'emploi / Tendances secteur IT : témoignage de Maud Laurent, Directrice du recrutement chez SII

Tendances secteur IT : témoignage de Maud Laurent, Directrice du recrutement chez SII

Tendances secteur IT : témoignage de Maud Laurent, Directrice du recrutement chez SII

Le Groupe SII, qui compte plus de 7 000 collaborateurs et 74 implantations en France et à l’étranger, a dépassé ses derniers objectifs de recrutement. Pour cette ESN, 2018 se place sous le signe de la qualité de vie au travail, avec au programme, des prévisions de recrutements en hausse dans un contexte de guerre des talents, toujours plus d’engagements RSE, un chantier d’intégration à la suite du rachat de Feel Europe l’an dernier, des enjeux d’employabilité dans un secteur où les compétences doivent s’actualiser en permanence, et pour carburant, l’épanouissement professionnel et le « fun ». Maud Lorant, directrice du recrutement du groupe développe ces points.

La reprise du marché est favorable aux recrutements, quelles sont vos prévisions pour l’exercice en cours ?

« Notre précédent objectif d’embaucher 1 000 cadres en informatique est atteint, et même dépassé, au 31 mars 2018. La reprise du marché explique en effet ce bon résultat. Notre prochain objectif prévoit 1 500 recrutements, CDI, alternances et stages confondus, dont plus de 1 000 CDI. »

Quels profils recherchez-vous principalement ?

« Nous prévoyons de recruter aussi bien des profils débutants qu’expérimentés, principalement des formations ingénieurs ou universitaires Bac+5. Tous les métiers et technologies du numérique sont concernés. Et parce que nous voulons aussi attirer encore plus de candidates, nous sommes depuis 2017 partenaires du réseau Elles bougent. L’association, qui rayonne en France et à l’étranger (Guadeloupe, Guyane, La Réunion, Martinique, Espagne…), milite pour susciter des vocations pour les métiers d’ingénieurs chez les femmes. Il s’agit de transmettre la passion pour son métier et de faire découvrir les métiers techniques et de l’ingénierie à des collégiennes et des lycéennes. En tant que partenaire, le Groupe SII incite ses collaboratrices à être marraines Elles Bougent pour témoigner de leur parcours et de leur formation. Bénévoles, elles sont 30 à ce jour. »

La pénurie de candidats et la guerre des talents rendent particulièrement sensibles les enjeux d’attractivité et de fidélisation. Quels canaux privilégiez-vous pour repérer des profils très convoités et parfois invisibles ?

« La cooptation est notre première source de recrutement, 34% de nos entrées en sont issues, c’est un bon baromètre social, le signe de collaborateurs satisfaits et engagés. Notre deuxième source, pour des profils identiques, est Monster : 22% des entrées en proviennent, ce qui équivaut à plus de 200 personnes. Viennent ensuite des sources comme l’Apec, la reconversion, les réseaux sociaux… La guerre des talents nous pousse à innover dans notre approche des candidats. Ainsi, nous prévoyons de chasser beaucoup plus les profils en veille sur les réseaux sociaux. Nous devons réussir à nous distinguer en ayant une approche très personnalisée, en leur proposant la mission qui leur convient. Cela demande une lecture fine du profil d’un candidat potentiel.»

Un candidat repéré n’est pas forcément un candidat qui postule, comment l’incitez-vous à « passer à l’acte » ?

« En améliorant l’expérience candidat. Pour ce faire, nous avons lancé en 2017 la plateforme Recrut’s FUNgénieurs. L’idée est d’avoir un site carrière dans l’air du temps et d’accélérer l’acte de candidature en le réduisant à quelques clics. Nous avons voulu évaluer le parcours des candidats et avoir leur retour d’expérience. Bilan très positif puisque l’ensemble de notre processus de recrutement a été labellisé Happy Candidates, que 76% des candidats nous ont recommandés et que dans leurs verbatims, la rapidité du processus, la convivialité de l’entretien, la liberté d’expression, la transparence et la confiance étaient les critères plus cités. »

Qui dit cooptation, dit collaborateurs engagés dans la politique de recrutement. Que mettezvous en place pour les impliquer ?

« En 2017, le Groupe SII a mis en place un programme « ambassadeurs » qui incite les collaborateurs à être actifs sur les réseaux sociaux, à relayer les offres d’emploi et à créer du contenu technique ou sous la forme de témoignages. Pour animer ce programme, nous avons créé des challenges dont le gros lot était un voyage au CES à Las Vegas. Les deux vainqueurs s’y sont rendus en tant qu’ambassadeurs, ils ont retranscrit cet événement de référence dans le monde des technologies via des articles et de nombreux posts.»

Fungenieur, Happy Candidate… La qualité de vie au travail commence par la convivialité chez SII ? Est-ce le message principal de votre marque employeur ?

« C’est un de ses messages oui, la convivialité est une valeur forte de SII et nos travaux RH de 2018 visent à continuer à améliorer la qualité de vie au travail. Le mouvement Fungenieur est une communauté qui participe à la transformation numérique, son but est de partager sans se prendre au sérieux. Nous nous disons qu’en tant qu’entreprise de services du numérique (ESN), nous participons à cette transformation et qu’il en va de même pour nos salariés car ils développent des projets qui changent le monde, avec une dose de « fun » et avec la possibilité de se former et de partager. Dans ce cadre, nous sommes partenaires de Devoxx France, LA conférence incontournable des développeurs passionnés. Certains de nos salariés assistent à l’événement, d’autres y participent en tant que « speakers », cela contribue à l’attractivité de SII, au développement des compétences de nos collaborateurs, à la valorisation des talents et à leur engagement. En plus de la rédaction d’articles techniques que nous encourageons, nous les incitons à animer des déjeuners techniques. Le télétravail, qui va être déployé partout en France, est un autre dispositif qui vise à augmenter la qualité de vie au travail. Nous avons aussi le support de dispositifs tels que les labels Meilleur Employeur 2018 décerné par le magazine Capital et, depuis le 27 mars, Great Place to Work. L’enquête Great Place to Work a fait ressortir plusieurs facteurs de satisfaction au travail chez SII : la responsabilisation des collaborateurs, le fait de leur donner la parole et le travail en collaboration. »

L’engagement en tant qu’employeur responsable est une autre de vos valeurs. SII mène notamment une politique active en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap.

« Nous sommes dans notre quatrième accord Handicap, pour quatre ans au lieu de trois. Outre les recrutements, nous menons des actions d’intégration et de maintien dans l’emploi. Nous nous engageons à communiquer, à participer à des salons, à aménager les postes, à former à nos métiers. Dans cet esprit, nous avons mis en place en 2014 un partenariat avec l’INSA Toulouse qui a une chaire « handicap & diversité », partenariat que nous renouvelons en 2018. Nous soutenons aussi un programme de formation pour favoriser l’employabilité des personnes en situation de handicap. Baptisé HUGo (comme Handi yoU Go) et né à Aix-en-Provence, il mobilise Polytech Marseille, plusieurs ESN et l’Agefiph. Et puis en tant que partenaire du Handi Tech Trophy, SII est devenu «maker» de mains imprimées en 3D pour les enfants qui en ont besoin, en s’inscrivant dans l’action du réseau e-Nable France – un des lauréats 2017 –, une idée mondiale selon laquelle chacun peut aider grâce aux technologies internet. Marier l’aspect technologique de l’impression 3D et le sens au travail participe à notre attractivité et à la fidélisation de nos collaborateurs. Nous sommes aussi engagés auprès de la Croix-Rouge pour qui tous nos dons sont doublés, et auprès de l’Établissement Français du Sang en autorisant le don du sang sur le temps de travail. Outre ces partenariats, nous avons recours aux achats auprès du secteur protégé et adapté, pour des travaux d’impression, de nettoyage ou de livraisons de plateaux repas par exemple.»

SII a racheté Feel Europe début 2017, comment se passe l’intégration des nouveaux salariés un an après ?

« L’intégration est en cours, c’est un des chantiers RH de 2018. Nos deux marques coexistent actuellement et c’est d’intégration culturelle qu’il s’agit. Nous souhaitons qu’elle se fasse en douceur. Le rachat de Feel Europe renforce notre positionnement dans les secteurs bancaire, assurantiel et mutualiste. Il nous permet aussi de nous améliorer en matière de formation. Dans nos activités, les métiers changent extrêmement vite et nous voulons accompagner nos collaborateurs pour qu’ils restent à la pointe de l’état de l’art. Feel Europe ayant un organisme de formation, nous prévoyons de nous appuyer dessus pour ce faire. »

 

Propos recueillis par Sophie Girardeau.