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La confiance, le chantier de la marque employeur post Covid

L’opportunité se présente aux entreprises de poser de nouvelles bases de la confiance, notamment en resserrant les liens de leur tribu, en redonnant des perspectives et en bannissant les slogans creux de leurs messages de marque employeur.

Retour à un temps maîtrisé, nouvelles façons de travailler, humain au premier plan… : on ne sait si l’après Covid obéira aux incantations actuelles. Une chose est sûre, tout le monde a vécu avec le confinement une coupure dans ses habitudes de fonctionnement. Pour relancer leur activité, les entreprises doivent donc avoir la capacité à remobiliser leurs équipes. À la sortie du confinement et dans les mois à venir, elles vont mettre les bouchées doubles et demander à leurs collaborateurs et collaboratrices de travailler plus. « Là commence le vrai chantier de la marque employeur, celui de la confiance », pointe Didier Pitelet, président de La Maison — HenocH consulting.

Créer une union sacrée entre le top management et le management intermédiaire

La remobilisation passe par la création d’un élan de confiance en interne. Sceller un pacte de confiance demande aux dirigeant·es d’avoir le courage de revaloriser le management de proximité. De nombreux cadres ont eu en effet l’impression pendant le confinement d’être des salarié·es lambda. « Les dirigeant·es ont là une occasion historique de renouer avec leurs troupes, parce que des millions de salarié·es auront eu l’impression de travailler sans avoir de compte à rendre du point de vue de leur présence physique. Le télétravail n’est pas une panacée parce qu’il crée un manque social, des collègues, des managers et des dirigeant·es », observe notre interlocuteur.

Célébrer les retrouvailles des équipes pour éviter la gueule de bois post Covid

Les entreprises qui repartiront le plus vite sont celles qui sauront exprimer le bonheur de se retrouver et peuvent s’appuyer sur une culture très forte. « Si l’on fait comme si rien ne s’était passé, si l’on ne célèbre pas la réunion de la tribu, tout le monde, même les cadres, aura la gueule de bois », pressent Didier Pitelet.

Retrouver la maîtrise du temps

Le rapport au temps aussi a été modifié pendant le confinement, et ce, collectivement. Demander aux équipes de travailler plus sans leur fixer d’échéances c’est faire peser sur elles une chape extrêmement lourde, mettre, comme lors du confinement, un couvercle sur les perspectives. « Les entreprises ont subi ce kidnapping du temps. Pour en retrouver la maîtrise et aider les personnes à se projeter, elles doivent remettre les projets en perspective et fixer des échéances tenables », poursuit-il.

Faire passer des messages porteurs de sens

Pour faire passer les messages en interne, ni notes de services — surtout pas —, ni formules toutes faites, mais « de l’authenticité dans les paroles et les actes, des discours de vérité », c’est-à-dire parlant sans fard de la réalité de l’entreprise. La reconquête d’un verbe porteur de sens est un des défis des employeurs dans les 12/18 mois à venir.

Faire appel à l’intelligence collective

Cette reconquête du verbe passe par la circulation de la parole à tous les étages de l’entreprise. Pour les collaborateurs et collaboratrices qui auront été le moins dans l’action depuis le début de la crise, le confinement aura été une période de réflexion imposée. De ce temps de mise à distance, au propre comme au figuré, il faut faire quelque chose. L’entreprise tirera bénéfice du partage d’idées et de réflexions en interne. « Gérer la crise mobilise énormément les DRH sur le volet technique de leur fonction, mais pour structurer la période post Covid, ils·elles auront tout intérêt à faire appel à l’intelligence collective », estime Didier Pitelet.

À l’externe aussi, envoyer des messages de confiance

L’externe a aussi besoin de recevoir des signes de confiance et l’arrêt brutal des recrutements serait un message contraire. « Les recrutements prévus l’étaient dans le cadre d’un renouvellement des générations et des compétences, la crise n’a rien changé à ce besoin-là », conclut-il.

Sophie Girardeau

Publié le 14 mai 2020.