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Marché de l’emploi numérique : des situations hétérogènes selon les secteurs

Marché de l’emploi numérique : des situations hétérogènes selon les secteurs

La crise sanitaire touche de façon inégale les métiers du numérique. Elle a mis en évidence, s’il en était encore besoin, la nécessité de la transformation digitale des entreprises. La sécurité informatique, le Cloud et la data sont pour ces dernières des domaines de recrutement prioritaires.

« La digitalisation est en marche mais pas aboutie, sauf chez les grands comptes ; elle reste un sujet et produit des métiers de plus en plus précis, de plus en plus segmentés », constate Claire Romanet, fondatrice du cabinet de recrutement Elaee. Le contexte actuel génère d’importants besoins dans les domaines de la sécurité informatique (du fait de piratages de plus en plus organisés et courants), de la Data et du Cloud. Les offres d’emploi publiées sur Monster.fr reflètent ces besoins : en octobre 2020, les annonces pour des postes dans les métiers du numérique étaient en croissance de 8% par rapport à l’an dernier à la même époque — +15% en ce qui concerne les métiers de l’IT/développement.

La croissance du Cloud diminue l’impact de la crise

« Le Cloud devance les autres technologies SMAC’S et porte les métiers de l’édition de logiciels et des ESN. Toujours en croissance, il diminue l’impact de la crise. Les investissements Cloud des entreprises utilisatrices sont renforcés par la mise en place du travail à distance », observe Constance Frémond-Marsilli, déléguée aux affaires économiques au sein du Syntec Numérique. L’installation d’outils de communication (messagerie, visioconférence), le développement de solutions de vente à distance ont en effet boosté ces derniers mois et boostent encore les recrutements dans l’édition de logiciels. Cependant, la crise révèle des situations très hétérogènes du point de vue sectoriel. « Le domaine du logiciel marche très fort mais des entreprises utilisatrices, comme l’hôtellerie, souffrent particulièrement de cette crise », observe Emmanuel Stanislas, fondateur du cabinet Clémentine.

Les ESN reprennent confiance depuis la rentrée

Au premier semestre, nombre de donneurs d’ordre ayant stoppé du jour au lendemain les missions, la gestion des intercontrats a plus occupé les ESN que les recrutements. Si elles avaient alors perdu 6,2% de chiffre d’affaires, elles ont repris confiance à la rentrée. Comme le révèle le dernier baromètre du Syntec Numérique, 40% d’entre elles ont retrouvé en septembre 2020 un taux d’utilisation des équipes équivalent à celui de septembre 2019. « Les ESN repartent à l’offensive, la baisse des prévisions de commandes sur les trois prochains mois est plus modérée », commente Constance Frémond-Marsilli.

L’ingénierie et le conseil en technologies renforcent la formation de leurs effectifs

Le tableau de l’ingénierie et du conseil en technologies est en revanche plus sombre : les perspectives montrent une baisse d’activité structurante faisant peser un risque de perte d’emploi pour 10 000 ingénieur·es IT en France, et plus particulièrement dans le domaine de la R&D externalisée liée à des secteurs durement touchés par la crise, comme l’automobile et l’aéronautique, notamment en Occitanie. Des profils cependant très convoités, ce qui fait un marché à la fois tendu et dynamique dans cette région. Notons que 77% des entreprises de ces métiers ont toujours recours à l’activité partielle pour 20% de leurs effectifs en moyenne (source Syntec Numérique). « Cette situation s’accompagne d’un pari sur l’avenir à court ou moyen terme, avec un effort important réalisé sur la formation des effectifs », ajoute Constance Frémond-Marsilli.

Cybersécurité, Big Data, expérience client… : le e-commerce booste les recrutements IT

Avec la transformation numérique des entreprises, le digital infuse dans tous les postes. « Les créations d’emploi restent nombreuses en ce qui concerne les expertises pointues », note Claire Romanet. Les candidat·es sont en position de force dans les domaines de l’expérience client (UX designer, CRO (optimisation du taux de conversion dans le e-commerce), l’acquisition de leads (growth hackers) et la data. La priorité des entreprises utilisatrices est de démarrer des projets e-commerce ou de développer l’existant, d’où de fortes demandes concernant les profils d’expert·es en cybersécurité et en sécurité des infrastructures, et les profils e-commerce, allant de développeur·se à ergonome. « Le e-commerce mobilise des expertises dans plusieurs domaines — cybersécurité, Big Data, web marketing —, il a un impact sur l’infrastructure qu’il faut redimensionner et demande de mettre en place des solutions Cloud, de faire communiquer toutes les briques applicatives », explique Hugues Truttmann, fondateur de TDF Conseil. Une réaction en chaîne néanmoins plus favorable actuellement au recrutement de profils IT que web marketing ou web design.

Sophie Girardeau

Publié le 3 novembre 2020.