Accueil / Marché de l'emploi / Actualités de l'emploi / Un marché du travail plus que favorable

Un marché du travail plus que favorable

Dossier réalisé par Monster en partenariat avec M Publicité et publié dans Le Monde du 14 Décembre 2015

Un marché du travail plus que favorable

 Ils sont en moyenne 37 000 à recevoir chaque année le titre d’ingénieur en France. Une population qui ne connait pas la crise et qui ignore le chômage ; seuls 2,8 % de cette catégorie professionnelle est sans emploi. Une situation qui crée des tensions au fil de l’évolution des technologies et particulièrement de la digitalisation des entreprises.

Dresser le portrait de la population des ingénieurs et de leur cadre d’emploi en France en 2015 après 8 ans de crise financière et industrielle, c’est dessiner un paysage qui fait rêver tout responsable public au moment même où les statistiques du chômage sont au plus haut depuis 20 ans. Pour les ingénieurs le taux de chômage est inférieur à 4 % et de 2,8 % quand on exclut des statistiques les jeunes diplômés en attente de leurs premiers pas professionnels. Premier constat : le nombre d’ingénieurs entrant sur le marché est en croissance. Ils sont 37 000 pour la dernière promotion. Un volume équivalent à celui des Etats Unis qui donne un aperçu de la place que le savoir technique et scientifique occupe dans notre économie. C’est aussi un tableau où les visages sont jeunes : il y a de disponible sur le marché du travail, quatre fois plus de diplômés de 25-29 ans que de seniors de 60-64 ans avec une moyenne d’âge globale de 37 ans.

C’est un panorama financièrement apaisé : leur salaire médian qui s’élève à 55 200€ par an représente 2,5 fois le salaire médian français. C’est aussi une image souriante : nos ingénieurs se disent à 82 % globalement satisfaits dans leur travail. Avec toutefois une coupure de classe : ceux qui issus des écoles généralistes bénéficient de missions variés et intéressantes et qui oeuvrent essentiellement dans des secteurs industriels sont les plus heureux. Beaucoup plus que leurs collègues plus spécialisés dans l’univers des logiciels et des services informatiques qui sont plus bougons et se considèrent comme mal rémunérés. Enfin, c’est la grande faiblesse de ce tableau d’ensemble : la photo est peuplée d’hommes. Les femmes ne représentent que 21 % des ingénieurs. La part des femmes augmente, elles n’étaient que 600 à obtenir le titre d’ingénieur en 1973, elles sont 10 000 dans la dernière promotion mais cela ne doit pas masquer que leur place est mesurée et que cette évolution est lente. « La bonne nouvelle c’est que nous adressons de nouvelles lignes de métiers qui sont favorables aux jeunes femmes. Les industries du luxe, du tourisme, de la grande distribution s’engagent dans la digitalisation de leurs activités. Des secteurs qui demandent plus de sensibilité et des relations plus personnalisées. Cela change la donne quand on ne s’adresse plus aux DSI mais de plus en plus aux patrons du marketing, de la commercialisation ou des RH » souligne Laurent Benazera, Directeur du recrutement d’Open qui attend 700 nouveaux collaborateurs dont 95 % d’ingénieurs pour le développement de projets dans la transformation industrielle et digitale, le M et E commerce ou le Big data. 30% d’entre eux seront des JD et 60 % des ingénieurs confirmés.

Ce panorama ne doit pas pour autant masquer les écueils à surmonter. En particulier dans les domaines de l’informatique où le nombre de demandeurs d’emplois ne diminue pas car les profils recherchés par les entreprises et plus particulièrement les développeurs ne sont pas forcément disponibles « La moitié de nos 1400 recrutements sur 12 mois sont des jeunes diplômés issus pour 65 % d’entre eux des stages que nous ouvrons dans nos 22 sites à travers la France. Ils seront à 80 % orientés vers des projets d’intégration système et spécialisés pour être plus performants » souligne Dominique Dervieux directrice adjointe du recrutement et de la mobilité chez CGI. Les exigences des entreprises du secteur numérique rejoignent celles du Conseil en Technologie. Pour ces dernières, il n’y a pas de pénurie globale de profils ingénieurs mais comme 97 % d’entre eux trouvent un job dans les 6 mois qui succèdent la fin de leurs études, les frottements sont nombreux. Et dès que l’on rentre dans l’analyse micro des besoins des entreprises les difficultés de recrutement font surface « Les jeunes diplômés ont une formation de base très forte. Nos ingénieurs ont une bonne capacité à capter l’information et résoudre les problèmes. C’est le fruit de leur formation. Mais il ne faut pas cacher la difficulté actuelle : nous avons besoin de profils hybrides car les ingénieurs sont au milieu de 2 mondes » analyse Sandrine Antignat- Gautier directrice de la communication d’Alten qui va recruter 2700 ingénieurs sur l’ensemble de la France dont 45 % de postes réservés aux JD, 40 % aux 2-5 ans d’expérience et 15 % pour le experts.

Des recrues qui iront renforcer les nouveaux pôles en croissance comme la santé où le Big data fait une irruption remarquée. Ces nouvelles activités qui infusent l’ensemble des entreprises au fil de la montée en puissance de leur digitalisation appellent des profils qui maitrisent les fondamentaux de la mobilité, du cloud computing, de la sécurité ou de l’analyse de données, les SMACS. « Ce sont des postes très exigeants pour une population de jeunes diplômés souvent innovants mais très impatients qui veulent aller parfois un peu trop vite. Ils veulent travailler sur l’offre exacte qui les séduit et pour y faire face nous mettons en place des structures d’accompagnement qui permettent de multiplier les échanges avec les managers » explique Nathalie Morin directrice des opérations France de Devoteam qui souligne le besoin de cette génération de relations approfondies avec l’encadrement.

La qualité de l’environnement au travail, l’intérêt des missions, les perspectives de développement personnel sont des facteurs de plus en plus pris en compte par les employeurs. Ils le sont d’autant plus que les ingénieurs sont volatils et que le marché international leur est ouvert. Reste le facteur rémunération. C’est selon les jeunes diplômés le point noir du dossier. Les salaires d’embauche varient de 30 à 36 K€ selon le rang de l’école, la spécialité et la zone géographique de travail.